L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

Au fur et à mesure que les élections de 2011 se profilent à l’horizon, la Renaissance du Bénin (RB) dirigée par Rosine Soglo se rapproche chaque jour un peu plus du gouvernement du président Boni Yayi. Le dernier acte qui confirme ces propos est le coup de gueule de Rosine Soglo contre ses collègues des G et F qui ont boycotté la séance plénière consacrée à la désignation des représentants de l’Assemblée à la Haute cour de justice et dans les parlements régionaux. Par ce geste de « Maman », il ne serait pas exagéré d’affirmer que l’opposition a volé en éclats à l’Assemblée nationale.
Par : Edgar GNIMAVO
La RB a résolument tourné le dos à l’opposition non déclarée à l’Assemblée nationale et est désormais en phase avec le gouvernement du changement du président Boni Yayi. On peut sans risque de se tromper le dire au regard du comportement de sa présidente, Rosine Soglo et de certains députés de cette même formation politique. En effet, cela fait un moment que Rosine Soglo et ses députés ont fait l’option d’aller dans la même direction que leurs collègues de la mouvance présidentielle au grand dam de leurs alliés des G et F qui voient en cette attitude, une accointance avec le régime en place. Au nombre des actes qui confirment le rapprochement avec Boni Yayi, on peut citer le vote de la proposition de loi dérogatoire sur la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Grâce en effet à l’implication personnelle de Rosine Soglo avec ses députés qui se sont associés à leurs collègues de la mouvance présidentielle, ils ont fait échec aux manœuvres de blocage de la loi semant ainsi la confusion au sein des autres députés de l’opposition non déclarée qui n’ont eu d’autres choix que de suivre le mouvement. Le dernier en date qui scelle le sort de l’opposition non déclarée est la séance plénière du mardi dernier consacrée à la désignation des représentants de l’Assemblée nationale à la Haute cour de justice et dans les parlements régionaux. A ce sujet, elle n’a pas manqué de tirer à boulets rouges sur ses alliés qui ont adopté la politique de la chaise vide. Avec la verve qu’on lui connaît, « Maman » a fustigé l’attitude de ses amis estimant qu’ils sont payés par le parlement pour travailler et non s’amuser avant d’ajouter que la désignation se fera sans eux. Rappelant que son droit d’ainesse exige du respect pour sa personne, Rosine Soglo a laissé entendre « j’attends l’un d’entre eux qui appellera mon mari ou mon fils pour dire que Maman nous a encore trahis ». C’est dans cette ambiance que les députés de la RB, Louis Vlavonou et Firmin Biokou du Madep et Edmond Agoua du G13 se sont conformés à l’ultimatum de la Cour constitutionnelle. Par ce dernier acte, la RB vient de consacrer l’éclatement de l’opposition non déclarée à l’Assemblée nationale. C’est donc fini avec ses alliés des G et F qui ne rataient aucune occasion pour crier à la trahison de la RB surtout que cette formation politique avait pesé de tout son poids lors du vote du budget en décembre dernier. A cet effet, le député Epiphane Quenum est monté au créneau pour dénoncer leurs amis d’aujourd’hui et ennemis d’hier qui crient à la trahison. Il sera supporté par Léhady Soglo, membre influent de la RB qui, du retour d’un voyage, a dit qu’il ne retranche rien des propos de M. Quenum qui selon lui, n’a fait que dire ce que vit la RB au sein du G4.Tous ces faits mis ensemble montrent que ce n’est plus la lune de miel entre la RB et ses alliés du G4. Que vaudra dorénavant l’opposition sans la RB ? C’est la question que l’on est en droit de se poser après les derniers développements à l’Assemblée nationale. En tout cas, la RB, forte de ses 8 députés ajoutés aux députés de la mouvance présidentielle donne une majorité confortable à Boni Yayi qui n’en demandait pas plus. Et c’est tant mieux pour la démocratie béninoise.