L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Onze (11) députés dont neuf élus sur la liste Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) se sont associés à leur collègue Wallis Zoumarou, un transfuge de cette alliance pour se constituer en un nouveau groupe parlementaire. Sous la houlette de l’honorable Edgar Alia, ces onze députés qui affirment urbi et orbi appartenir à la mouvance présidentielle, veulent soutenir désormais de façon critique les actions du régime du président Boni YAYI. Mais à y voir de très près, ce nouveau-né aux relents d’un lobby de pression, cache une manœuvre politique qui ne dit pas son nom.
Par : Bernadin MONGADJI
Edgar Alia, chef de file, Janvier Yahouédehou, André Dassoundo, Boni Tessi Adam, Samou Adambi, Eloi Aho, da Matha SANT’ANA Luc, Zéphirin Kindjanhoundé, Justin Agbodjèté, Isidore Gnonlonfoun et le tonitruant Wallis Zoumarou, sont les onze députés du nouveau groupe parlementaire dénommé « FCBE ». Ce n’est pas une usurpation, neuf de ces onze députés ont été tous élus, en mars 2007, sur la liste présidentielle : Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE). A l’exception de Wallis Zoumarou, le seul transfuge du groupe et qui à un moment donné a tourné casaque à FCBE pour rejoindre le G13, les autres jusqu’à jeudi dernier, ont toujours soutenu, à l’Assemblée nationale, les intérêts de la mouvance au pouvoir. Même si dans le rang des 11 nouveaux compagnons se trouvent des meneurs suspects qui selon des sources généralement bien informées auraient un pied dans la mouvance et l’autre dans l’opposition non déclarée, mieux vaut s’en tenir à la déclaration rendue publique, jeudi dernier, et par laquelle, ils affirment qu’ils soutiendraient dans les détails le programme d’action de l’exécutif. A priori, ce sont là des professions de foi qui ne devraient pas faire douter de leur bonne foi. Propos dont il faut tenir compte ici de sa dimension politique. La constitution de ce groupe parlementaire intervient au lendemain de deux événements majeurs au Parlement béninois. Le premier est la démission spectaculaire du député Rachidi Gbadamassi du G13 pour la mouvance et l’étude de la proposition de loi sur la Liste électorale permanente informatisée ( Lépi), réforme très chère au président Boni YAYI. Vu sous cet angle, l’avènement de ce groupe parlementaire ne saurait être considéré comme un épiphénomène. Trois figures marquantes de cette initiative à savoir les députés Edgar Alia, André Dassoundo et Janvier Yahouédehou se sont illustrés ces derniers mois dans leurs diverses prises de position comme étant en froid avec le président Boni YAYI et son régime de sorte qu’à un moment donné l’opinion n’était plus dupe de leur duplicité politique.
Une manœuvre politique ?
La configuration des onze députés du Groupe parlementaire FCBE rappelle fort bien un scénario politique en passe de se répéter à l’Assemblée nationale. Il s’agit bien sûr du scénario G13 qui fut lancé sur la base du même discours qui sous tend aujourd’hui la déclaration politique de la bande à Edgar Alia. Les onze jurent de soutenir l’action du président Boni YAYI en se réservant d’y apporter une touche critique. Le soutien qu’ils évoquent ici est-il franc ? Quel coup politique ceci cache-t-il ? Ce sont là des indices qui rappellent que c’est déjà du connu. Comme les hommes d’affaires du G13, des députés du nouveau groupe parlementaire sont dans une position d’expectative brûlante qui trahit la non satisfaction d’un rêve qu’ils caressent et que Boni YAYI met du temps à concrétiser. La présence de Wallis Zoumarou, farouche opposant au président de la république ne peut que raviver les méfiances. Que vient encore chercher cet élement allogène dans un groupe de députés FCBE, lui qui avait pourtant renoncé à son « caurisme » ? Edgar Alia et compagnie auront donc forts à faire pour rassurer la mouvance présidentielle de leur bonne foi. En attendant, l’opinion veut bien comprendre les dessous de ces mutations parlementaires aux contours flous.