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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Radioscopie de la crise au sein des mouvements estudiantins

Enquête/ Université d’Abomey-Calavi : (Les étudiants entre corruption, études et politique)

Les organisations à caractère syndical des universités du Bénin traversent depuis peu une crise sans précédent. Si l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) renaît peu à peu de ses cendres, la Fédération nationale des étudiants du Bénin est divisée. A l’origine de cette situation, une mauvaise interprétation des textes, des malversations financières et la corruption. Cet état de chose devient de plus en plus fréquent et déstabilise les mouvements syndicaux. Le militantisme a simplement déserté le forum dans les Universités.

Les dessous de la crise à la Fneb

Digression, mauvaise interprétation des textes, déclarations sans fondement, corruption, politique et guerre de leadership. Ce sont là, les maux qui minent les mouvements syndicaux à l’Université d’ Abomey-Calavi. De la Fneb à l’Unseb en passant par l’Uneb, le constat est le même. Si à l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb), l’heure n’est pas à la bataille de succession, il a fallu que le Rectorat en lieu et place de la Commission électorale nationale de l’Uneb organise les élections, le 23 mars dernier pour que l’Uneb se dote de son président. A la Fédération des étudiants du Bénin (Fneb), c’est la division. Le Conseil central fédéral (Ccf) avec le soutien des responsables des Bureaux d’union d’entité (R/Bue) et des Directeurs des Institutions spécialisées (D/Is) se rebelle contre le Bureau exécutif fédéral (Bef) coupé de son Premier-Vice Président, Oludé Atchadé Salami et de sa Secrétaire générale, Ruth D. Kinnou. L’organisation estudiantine à caractère syndical est donc sous les projecteurs de l’actualité, ces derniers temps. A l’origine de cet imbroglio qui prévaut actuellement à la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), une mauvaise interprétation des textes de l’institution et une malversation financière d’une valeur de cinq (5) millions de francs Cfa. A en croire certaines sources dignes de foi et proches du Bureau exécutif fédéral (Bef), tout serait parti le lundi 24 novembre 2008 après la fusillade causée par le garde du corps du doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg), Géro Amoussouga, en voulant se défendre. Le Président du Bef/Fneb, Iréné Eustache Quenum aurait déclaré à une télévision de la place que c’était le doyen de la Faseg qui a ordonné cette fusillade. Des déclarations qui ne sont pas du goût de certains responsables Bue notamment celui de la Faseg qui ont demandé au Président du Bef Iréné E. Quenum de présenter des excuses publiques de la Fédération au doyen de la Faseg. A en croire certaines personnes, c’est le refus du président du Bef d’accéder à cette exigence des responsables Bue qui a créé le climat de méfiance et de crise de confiance qui a été très tôt jugulée grâce à certaines médiations. Mais les mécontentements sont nés encore au cours de la Rentrée fédérale du Bef. Pour certains, le président du Bef a mal organisé cette rentrée et devrait leur trouver quelque chose pour qu’ils se calment. Une fois de plus, de conciliabule en conciliabule, ces derniers sont revenus à de bons sentiments. Depuis quelques jours, les responsables Bue et Is chapeautés par le Président du Conseil central fédéral en la personne de Principe Adjassè, sont décidés à démettre le Bef de toutes ces attributions. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le refus du Président Bef de publier la liste de son état-major. Pour ce dernier, il ne juge pas opportun de le faire. Puisqu’en le faisant, il met la vie de ces derniers en danger. Selon certaines sources proches du Président de la Fneb, l’année universitaire dernière, deux membres de l’état-major du Président Bef précédent ont dû reprendre l’année et d’autres emprisonnés.

Des boucs émissaires à des malversations financières

Les mouvements syndicaux universitaires constituent pour la plupart de leurs responsables une occasion propice pour se faire de l’argent. Sinon comment comprendre qu’après dix (10) mois d’exercice du Bureau exécutif national (Ben) de l’Uneb, on a dû organiser des élections pour lui trouver un président de consensus. Pourquoi tant de tapages autour des élections pour les différentes organisations syndicales ? Est-ce la défense des intérêts des étudiants qui demande d’arriver parfois aux machettes pour installer un bureau légalement ou frauduleusement élu ? En tout cas, il est vérifié aujourd’hui que de gros sous circulent au sein des organisations syndicales. Les récentes déclarations du Président du Bef/Fneb sur une chaîne de télévision de la place sont illustratives des affaires de sous qui minent les mouvements syndicaux dans les Universités du Bénin. De sources proches du Bureau exécutif de l’Uneb dirigé par Florentin Dossou, on apprend qu’un de ses membres aurait reçu une somme de six (6) millions de francs Cfa pour organiser certaines manifestations. Mais ce dernier ne l’aurait pas fait et après s’être arrogé à lui tout seul de quatre (4) millions, aurait distribué le reliquat aux autres membres. Même situation à la Fneb. Le Conseil central fédéral (Ccf), qui a pour mission de contrôler le fonds de la Fneb a déclaré récemment que le Président du Bef est à la base d’une malversation financière de près de cinq (5) millions de francs Cfa. A en croire le Président du Ccf, ces fonds étaient destinés à l’organisation de dix (10) manifestations. Ce que ce dernier n’a jamais fait. Interrogé, le Président du Bef nie l’existence d’une telle somme. Pour lui, ce sont des montages et des déclarations sans fondement. L’engouement des responsables syndicaux envers l’argent ne laisse pas indifférentes les autorités universitaires et certains politiciens qui profitent de cette situation. Il est vérifié qu’aujourd’hui si vous voulez gérer sans avoir les étudiants sur votre chemin, vous devez contrôler les différentes organisations à caractère syndical des Universités du Bénin. Si les noms des autres autorités ne sont pas trop cités dans les crises au sein de la Fneb et de l’Uneb, celui du Directeur général du Centre national des œuvres universitaires (Dg/Cenou), Macaire E. Johnson est abondamment cité. Dans une note d’information affichée un peu partout à l’Uac, le 08 mars dernier, les membres du comité de vigilance dénonçaient le Dg/Cenou qui serait à l’origine des différentes tentatives de destitution du Président du Bef. A en croire cette note d’information, c’est parce que ce dernier aurait découvert les dessous de certaines malversations financières du Dg /Cenou que ce dernier a monté le Ccf contre lui. Information qui a été confirmée par le Président Bef au mois de mars mais se refuse de se prononcer sur le sujet. Même réaction d’un membre du Bureau de l’Uneb dirigé par Florentin Dossou qui citait le Dg/Cenou comme auteur du bicéphalisme à l’Uneb. Calomnie a déclaré le Dg/Cenou sur une radio de la place en expliquant que c’est à cause de son mutisme par rapport à ces différentes crises qui fait qu’on le taxe d’être l’auteur. C’est une vérité que les hommes politiques se servent souvent de ces responsables syndicaux pour assouvir leur soif de règlement de compte. Il est aussi reproché à Iréné E. Quenum de travailler pour le compte de l’Alliance « G13 » et de l’opposition en général qui l’appuieraient financièrement. De son côté le président du Bef/Fneb accuse également les membres du Ccf d’être en « mission commandée » pour des autorités universitaires qui n’hésiteraient pas à mettre des fonds à leur disposition pour la cause.

Iréné Eustache Quenum toujours P/Bef

La cause principale des divergences au sein des organisations à caractère syndical des Universités du Bénin est la mauvaise interprétation des textes régissant ces différentes organisations. Le Rectorat à renfort médiatique a organisé le 23 mars dernier, les élections du Bureau exécutif national de l’Uneb en lieu et place de la Commission nationale de l’Union comme le prévoit les textes. Un journal universitaire se demandait si « le gouvernement de Boni Yayi pourrait organiser des élections pour la Cgtb de Pascal Todjinou ou de la Cstb de Gaston Azoua ? ». Dans leur décision 003 du 10 avril et repris lors de la conférence de presse du 20 avril, le Ccf a tenu le 24 février dernier une Assemblée générale ordinaire au cours de laquelle le bilan semestriel de ses activités a été présenté. Cela révèle un dysfonctionnement du Bef et la violation des textes. La meilleure voie à suivre est la convocation du Conseil fédéral de discipline. Ce qui a été fait le 04 et 14 mars sans une issue véritable. La composition de ce dernier est à l’origine du blocage de sa mise sur pied. Il est composé des Présidents du Bue, des premiers responsables d’Is, du Bef et du bureau du Ccf. Mais à chaque fois le quorum n’est jamais atteint. Ne pouvant atteindre son objectif, le Ccf a du prendre une décision le 10 avril destituant le président Bef et a installé des sections fédérales. Même chose pour le Bef qui a sorti le 15 avril dernier une décision pour réfuter les accusations du Ccf et proclamer qu’il ne reconnaît plus le Cccf et à prononcer la destitution du Ccf. Les étudiants qui ont mandaté ces derniers ne comprennent plus la situation. Le Ccf qui destitue le Bef et vice versa. Mais les textes sont clairs sur ce point. Le Conseil fédéral de discipline (Cdf) est l’organe de discipline de la fédération. Il peut se réunir sur convocation du bureau du Ccf, du Bef ou à la demande des 2/3 des Présidents de Bue et des Présidents ou Directeurs d’Is et est dirigé par l’organe qui le convoque. En substance les différentes décisions rendues par le Ccf et le Bef sont de nul effet et ne respecte pas les textes de l’institution. Donc pour l’instant, Iréné Quenum demeure le Président du Bef/Fneb puisque les textes ne prévoient pas des sections fédérales comme le veut le Président du Ccf. Mais il doit lutter pour maintenir sa clé et le matériel car ce dernier lui a déjà intimé l’ordre de rendre dans les 48 heures le matériel et la clé du siège du Bef. Ce sont là les réalités des mouvements estudiantins.

Réalisée par : Hermann ADIMOU (Stag)

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