L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Chris-Amos AHOLOU
Dans quel état la nouvelle de la démission de l’Honorable Rachidi Gbadamassi a-t-elle plongé les autres membres du groupe ainsi que leurs alliés du G4 ? Difficile de le dire. Mais ce que l’on sait est que la nouvelle a perturbé la quasi-totalité des députés de l’opposition.
Et chacun de son côté prend l'information avec beaucoup de délicatesse, n'ayant pas encore eu la confirmation de la part de l'intéressé. Toutefois, lorsqu'on analyse l'attitude du G13 face à cette information capitale qui entame la solidarité du groupe, on est tenté de dire que le G13 semble consommer l'acte. Sinon, comment expliquer le silence conséquent que développe le reste de la troupe depuis que l'information est ébruitée dans l'opinion publique ? Tel qu'on les connaît, les éléments du G13 qui s'affichent comme des gens très irritables, décidés à répondre au tac-au-tac aux provocations, seraient déjà montés au créneau pour éclairer l'opinion publique sur la situation afin de chasser la polémique.
C'est vrai que leur sortie avait été immédiatement annoncée à propos du sujet. Mais, le rendez-vous a toujours été avorté. Peut-être parce qu'ils ne savent pas ce qu'il faut servir à l'opinion publique ou parce qu'ils sont très affectés par la décision de leur collège. C'est clair que si les gens comme Arifari Bako, Issa Salifou alias Salé et les autres observent un mutisme, il va s'en dire que l'acte est regrettablement consommé. Ainsi, même si on s'amuse à prendre la supposée démission de Rachidi Gbadamassi du G13 à la légère ou comme une rumeur soutenue par des supputations, il faudra remarquer que l'attitude des autres membres du G13 explique le doute.
Du côté du G4, on peut soupçonner une inquiétude embarrassante. Car, en initiant les rencontres de Bohicon et d'Abomey les 27 et 28 novembre 2008, les leaders du G4 espéraient raffermir l'intergroupe G4-G13 et Force-clé hostile au Président Boni Yayi. Donc Adrien Houngbédji et les autres ne voudront d'aucune situation perturbatrice pour la cohésion de la coalition. Puisque, cela n'irait pas dans l'avantage des ambitions du groupe. Mais c'était sans compter avec le tournant des intérêts et des convictions personnels des membres alliés. Face alors à la réalité de la démission de l'honorable Rachidi Gbadamassi du G13, c'est l'inquiétude qui a gagné le rang du G4.
Ceci est normal puisque si un homme politique comme Gbadamassi dont la révolte contre le régime du changement est connu, a pu en arriver à démissionner du G13 au sein duquel il croyait pouvoir œuvrer pour le départ de Boni Yayi en 2011, qu'est-ce que le G4 peut encore espérer du reste de la bande surtout que d'autres départs sont annoncés ? Les visées du G4 sont ainsi compromises. Pour le moment, l'atmosphère est restée cristallisée au niveau de ces coalitions de l'opposition et seuls les jours à venir peuvent nous en dire plus.