L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
: Les bailleurs de fonds expriment leur inquiétude
Les gouvernements qui se sont succédé à la tête du Bénin depuis la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990 ont su mobiliser assez de crédits extérieurs. Mais malheureusement, la consommation de ces crédits constitue un goulot d’étranglement faute de projets fiables, ce qui laisse perplexe les partenaires au développement.
Par : Matini MARCOS
L’une des insuffisances criardes dont souffre le Bénin est le faible taux de consommation des crédits au niveau des ministères. Lors des rencontres officielles et des ateliers, les partenaires au développement, tels le Danemark, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Banque Mondiale ont toujous reproché aux gouvernments béninois de ne pouvoir pas consommer totalement, les crédits mis à sa disposition, pendant que les jeunes en quête d’emploi se font du mauvais sang, et la pauvreté ne cesse de d’étaler ses tentacules. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’au moment où certains pays peinent à obtenir des crédits extérieurs, le Bénin bénéficie de la confiance des partenaires au développement. Et pourtant, l’administration béninoise ne manque pas de cadres compétents, il existe des cadres, mais au regard des investigations menées, non seullement, le faible taux de consommation des crédits alloués relève d’un problème structurel, mais également de la mauvaise gestion des cadres dans nos ministères, à cause de la politisation de l’administration.
Les problèmes structurels
La lourdeur constatée au niveau des procédures des passations des marchés publics, la lenteur des décaissements des fonds dans les arcanes du Ministère des Finances et de l’économie, en somme, la loudeur administrative. Certes, le gouvernement actuel, conscient de ces faiblesses structurelles s’active à les corriger, mais hélas, les habitudes et le système archaïque institué depuis des années, résistent à la modernisation. Le Ministre d’Etat chargé du développement, de la prospective et de l’évaluation de l’action publique, Pascal Irénée Koupaki ainsi que le Ministre de la réforme administrative et institutionnelle, Joseph Ahanhanzo ont du grain à moudre, car sans une adminstration délestée de la lenteur et de certaines pratiques rétrogrades, il sera difficile d’emprunter le « couloir de l’émergence ». La preuve, les crédits mis à la disposition du Bénin, par ses partenaires au développement ne sont pas totalement consommés, pendant que les besoins se font pressants.
Le « Garage » des cadres compétents
En plus des faiblesses structurelles qui entravent la consommation des crédits, il faut ajouter, le phénomène du « Garage » des cadres compétents. Ce phénomène déplorable est une pratique qui consiste à sous-utiliser les compétences de certains cadres, parce que, ils ne sont pas, soit du même bord politique que le pouvoir en place, soit parce que pour une raison ou une autre, ceux-ci ont eu à occuper des postes de responsabilité dans un autre système de gouvernance et se voient écartés de la conception des projets . Conséquence, des cadres compétents sont mis au « Garage » pendant que leurs remplaçants imbus de leurs « compétences limitées » peinent à concevoir un projet de développement fiable et viable. Autant de pratiques rétrogrades qui entravent le décolage économique. L’exemple le plus palpable se trouve au niveau de nos municipalités. Celles-ci souffrent de l’absence, de l’insuffisance des cadres de conception. En effet, en lieu et place des compétences, on croise dans nos mairies plus de militants des partis politiques que des cadres compétents capables de « ficeler » un projet de développement local fiable et viable. Certainement, que ces faiblesses seront corrigées, car les diplomés sans emploi concoivent très mal que les crédits dorment dans les banques pendant qu’ils souffrent le martyr.