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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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En toute Expression : La bourde de Houndété

Écrit par Sébastien DOSSA   


Le député Eric Houndété a-t-il vraiment lâché la bourde annoncée par le quotidien  Fraternité d’hier ? On aurait éprouvé des difficultés à répondre par l’affirmative, si l’information n’était relayée par un organe de presse auquel il est permis d’accorder du crédit. Considérons donc que l’honorable Houndété, en marge d’une réflexion sur le rôle de l’opposition, a eu à déclarer : « Si nous savions qu’on tomberait si bas, il fallait laisser Mathieu Kérékou réviser la Constitution ».


J’avoue que j’ai été saisi d’une stupeur mêlée d’amertume, en lisant ces lignes, en particulier lorsque les propos sont attribués à ce député qui, de notoriété publique, figure au nombre des plus en vue au Parlement béninois, pour des raisons évidentes qu’il apparaît superflu d’évoquer.

Eric Houndété, homme politique jeune, indéniable combattant d’une démocratie réelle et intrépide défenseur des idées nobles à l’Assemblée nationale, a sans doute décidé de mettre les pieds dans le plat, sciemment, dans un excès de dépit et de regret qui lui ont fait fourcher la langue ; au point qu’il en soit arrivé à commettre cette bourde qui lui sied aussi mal qu’une bague à un lépreux. Le cœur n’a pas été froid et la langue a été trop loin, comme le dit l’Ivoirien Ahmadou Kourouma. C’est ainsi qu’il conviendrait de comprendre la déclaration du député Houndété ; à moins qu’il ait délibérément fait l’option de choquer les démocrates béninois voire ceux d’ailleurs qui, en dépit des péripéties malheureuses de la jeune démocratie béninoise, continuent d’y croire en attribuant aux dérives qu’elle enregistre les difficultés inhérentes au jeu démocratique.


Mais pourquoi choquer en allant dans ce sens qui n’honore guère l’auteur de cette déclaration ni sa famille politique, encore moins son entourage immédiat, et pourquoi pas le Bénin tout entier ?
A la place de l’honorable Houndété, je me ferais le plaisir et le devoir de trouver une autre tribune pour rectifier le tir ; car, comme l’œuf qui éclot, la parole qui est lâchée porte des ailes, et pourrait rattraper son auteur à court, moyen ou long terme. Et Eric Houndété n’est pas à l’abri d’une telle surprise, désagréable et collant  à la peau, en raison du caractère déplaisant de ses propos.


Déclarer en effet que les Béninois auraient dû laisser Mathieu Kérékou réviser la Constitution signifie que l’ancien président de la république aurait pu se maintenir au pouvoir.


Non, honorable ! Aucune dérive aujourd’hui ne saurait  justifier un tel regret.  Patience, longueur de temps ; plutôt que force ou rage.
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