L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le ministre d’Etat, chargé du développement, de la prospective et de l’évaluation de l’action publique, Pascal Iréné Koupaki, a présenté, dimanche dernier, au palais des congrès de Cotonou, « Le bilan de l’an 3 du gouvernement ». Au total, des réalisations significatives en 3 ans. Pour lui, le chemin parcouru permet d’envisager l’avenir avec la volonté de faire plus et mieux.
Il s’est agi d’abord pour le ministre Pascal Irénée Koupaki, de faire l’état des lieux du Bénin avant 2006, et de présenter ensuite le bilan de l’an 3 du gouvernement. De 2001 à 2005, on notait au Bénin, le ralentissement de la croissance économique (6,2% en 2001 à 2,9% en 2005). L’aggravation de la pauvreté : 28,5% en 2002 contre 37,4% en 2006. La faiblesse du taux d’investissement global (18,1%) et du taux d’investissement public (4,6%). Les difficultés de trésorerie publique induites par des contre-performances économiques et aussi l’accumulation d’importants arriérés de paiement intérieurs. Il ressort qu’à cette période, le Bénin était caractérisé par une économie de transit et de commerce, faiblement productrice de richesse à grande échelle malgré sa position géographique favorable. On notait peu de diversification, peu de compétitivité avec un manque de facteurs de production de qualité et une faible capacité de production. De cet état des lieux, il découle, selon lui, quatre défis. L’amélioration de la compétitivité globale et sectorielle de l’économie pour stimuler la croissance économique. Le partage de la prospérité pour améliorer la qualité de vie de la population et éradiquer la pauvreté. L’amélioration de la gouvernance des affaires économiques et administratives. Et le relèvement du rôle des communes dans le développement à la base.
Quelques réalisations
Depuis 2006, au plan économique et budgétaire, il a été réalisé l’assainissement des finances publiques. Grâce, entre autres, à la limitation des ordres de paiement, le renforcement du contrôle de la qualité de la dépense publique, le renforcement des capacités humaines et matérielles des régies financières et l’amélioration de la gouvernance interne des régies à travers la lutte contre la fraude et le renforcement des corps de contrôle. Progressivement, il a été mis en place des infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires, énergétiques et socio-économiques. Au plan social, plusieurs programmes et formations ont été réalisés. Au nombre desquels : le Programme de microcrédit aux plus pauvres, le Fonds national de la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes, (ce fonds a reçu 5 milliards de F CFA pour financer 600 projets qui ont généré près de 3.500 emplois). L’Agence nationale pour l’emploi a permis de former plus 1.200 jeunes en vue de leur insertion dans le tissu économique national. Sur ce plan aussi, les conditions de vie des Agents Permanents de l’Etat (Ape) ont été améliorées. Avec une évolution significative à la hausse de la masse salariale qui était de 135,0 milliards en 2006. Pour être en 2007/2006 de + 8,1 milliards de F CFA. En 2008/2007 de + 39,3 milliards de F CFA. Et en 2009/2008 de + 11,0 milliards de F CFA. Par ailleurs, le développement local a été promu, avec l’élaboration en cours de la Politique nationale de décentralisation/ déconcentration (Ponadec), la mise en place du Fonds d’appui au développement des Communes (Fadec). La construction d’infrastructures : l’électrification rurale, l’approvisionnement en eau potable, la construction de centres de santé et d’établissements scolaires. Sans compter la réalisation engagée de microprojets sociocommunautaires sur financement japonais et la conception des villages du millénaire, au nombre de 12.
Les résultats
Pour le ministre Pascal Irénée Koupaki, on a une évolution significative du taux de croissance des recettes. En 2006, elle est de plus 33,6 milliards de F CFA. En 2007, de plus 131,0 milliards de F CFA et en 2008 de plus 33,3 milliards de F CFA. Ainsi, au total entre 2006 et 2008, on a 197,9 milliards de F CFA. En dehors des taux de croissance, on note aussi la croissance significative des dépenses d’investissement. Le montant des dépenses en capital (en milliards de F CFA) est en 2006 de 120,6. En 2007 de 206,9. Et en 2008 de 188,1. Au total sur la période 2006- 2008, on a 515,6 milliards de F CFA.
L’agenda 2025 pour un Bénin émergent
Pour le ministre du développement de la prospective et de l’évaluation de l’action publique, l’agenda 2025 pour un Bénin émergent prévoit plusieurs pôles. « Une filière cotonnière restructurée qui valorise les compétences locales de création et de design sur des marchés de niche à forte valeur ajoutée », est le leitmotiv du pôle coton-textile. « A l’horizon 2025, le Bénin sera une plateforme régionale d’exploitation et de production de matériaux de construction au service d’un secteur des BTP « durable » et au savoir-faire reconnu». Pour Pascal Irénée Koupaki, la mise en oeuvre de l’ensemble de ces mesures doit être assurée par l’Administration publique réformée et renforcée en capacité, en effectifs, en motivation et en gouvernance. « Le gouvernement s’attelle à mettre en place depuis 2006 les fondations de demain », a-t-il conclu.
Auteur(s) / source : Marie-Louise B. MATCHOUDO