L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

Chris-Amos AHOLOU
Une poignée de militants de la Renaissance du Bénin poussés à la marche s’est ruée sur le ministère de l’intérieur et de la sécurité. Objectif, protester contre les dénonciations de la situation dans laquelle la Rb s’est inconsciemment ou consciemment mise. Et, lorsqu’on analyse l’événement contre lequel ils protestent en rapport avec leurs prétentions, on ne peut s’empêcher d’apprécier l’agitation des renaissants comme du saupoudrage pour envelopper l’auto-victimisation dénoncée par d’autres.
Hier, certains militants de la Renaissance du Bénin sont descendus sur le ministère de l’intérieur et de la sécurité. C’était à travers une marche conduite par quelques jeunes restés encore fidèles aux Soglo jusque-là. Sans cependant faire preuve d’incivisme, ils ont adressé leur motion de protestation au directeur de cabinet du ministère de l’intérieur et de la sécurité, Abassi Alé. Ladite motion de protestation a pour objet d’exiger du ministère de l’intérieur et de la sécurité que toute la lumière soit faite sur l’agression ignoble perpétrée contre le siège de la Renaissance du Bénin dans la nuit du 18 au 19 mars 2009. Une demande légitime contre laquelle le représentant du ministre, le Dc Abassi Alé n’a pas opposé une fin de non recevoir. En répondant à la motion, il a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire punir les auteurs de cette barbarie. Il a même indiqué que l’enquête se poursuit et les coupables seront démasqués pour subir la rigueur de la loi.
Hier on n’a pas vu l’immense foule qui vouait son attachement à la Renaissance du Bénin. Même si on n’est pas encore en période de campagn, il faut dire que le caractère exécrable de l’attaque aurait emporté à la Rb la commisération de ses militants dans sa diversité. Malheureusement on s’est aperçu hier que peu de femmes ont suivi le mouvement. Les « zémidjan » jugés autrefois les inconditionnels de la Rb n’ont pas perdu leur temps à faire une marche dont ils ignoraient les mobiles réels. Peut-être parce que chacun a commencé par relativiser l’attaque et les desseins réels du parti de la Renaissance du Bénin. N’est-ce pas là une preuve de la désolidarisation des militants « zémidjan » et femmes de la Rb à cause de la prédation de la paix que Candide Azannaï avait dénoncé ? C’est là une question qui devrait préoccuper les instances dirigeantes du parti.
La marche des militants Rb hier sur le ministère de l’intérieur n’a aucun sens. Si ce n’est que pour exiger une enquête véritablement impartiale et crédible, ils n’avaient qu’à se remettre à la bonne foi du gouvernement. C’est d’ailleurs la position du gouvernement depuis la commission du forfait. Ce ne sont pas les dénonciations de Candide Azannaï et de Ganiou Soglo qui arrêteraient l’enquête que le gouvernement à promise. La marche d’hier n’était pas indiquée pour rappeler au gouvernement ce qu’il doit faire. Le gouvernement a voulu prendre ses responsabilités et a promis faire ses enquêtes. Et en la matière, faut-il leur rappeler que cela nécessite un temps matériel ? Il faut voir dans la marche des militants Rb la preuve d’un esprit d’auto-victimisation dont Candide Azannaï avait parlé. Simplement, la Rb s’est offert en spectacle devant l’opinion publique qui en a compris beaucoup de choses déjà. Cette plaisanterie qu’a voulu organiser le parti en montant de toute pièce une marche qui a été un échec cuisant n’a fait que distraire les curieux hier. Et nombreux étaient ceux qui s’en moquaient. La Rb devra comprendre qu’elle est en perte de vitesse.