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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Défaite des Ecureuils à Kumasi : La part de responsabilités de Michel Dussuyer

Les Ecureuils ont livré le dimanche 29 mars, un grand match contre les Blacks stars au Baba Yara Stadium. 48 heures après l’expédition de Kumasi, une sereine lecture de la contre-performance de la sélection béninoise révèle bien des lacunes qui sont de la responsabilité exclusive de Michel Dussuyer.

Par : Sosthène SEFLIMI

Dans la perspective du match contre le Ghana, les Ecureuils ont livré deux matches amicaux dont l’un contre l’Egypte au Caire, et l’autre contre l’Algérie à Blida. Pour l’ensemble de ces deux rencontres, les hommes à Michel Dussuyer ont encaissé 7 buts et en ont marqué 2. Le système défensif des Ecureuils n’était donc pas des plus fiables. Les critiques avaient fusé de toutes parts et Michel Dussuyer a promis corriger. Apparemment, il a réussi car le 29 mars à Kumasi, la défense dirigée par Damien Chrysostome n’a commis qu’une seule véritable erreur défensive qui a d’ailleurs occasionné l’unique but de la rencontre. L’astucieux positionnement de Stéphane Sessegnon a permis aux Ecureuils de gêner le déploiement du milieu de terrain ghanéen. Michaël Essien et Stephen Appiah ont pu être mis sous l’éteignoir. Seulement, l’indiscipline tactique si ce n’est la trop grande liberté d’action laissée à Jocelyn Ahouéya, a fait des trous dans la deuxième ligne défensive béninoise.

L’indiscipline tactique de Jocelyn Ahouéya

Jocelyn Ahouéya est l’homme de base du système de récupération béninois. Sa vivacité et son sens de l’anticipation expliquent sa durée de vie à son poste et qu’il a survécu à tous les sélectionneurs qui se sont succédé à la tête des Ecureuils depuis le Ghanéen Cécil Jones Atturquayefio. Mais la trop grande envie du dossard N°19 des Ecureuils à aller vers les buts est souvent préjudiciable à la sélection si ce n’est pas que le sociétaire du Fc Sion en Suisse grille toute son énergie dans cette volonté de scorer. Les raids solitaires de Jocelyn Ahouéya et les nombreux dribbles dont il se fait auteur sont généralement infructueuses. Les rares buts qu’il a eus à marquer en sélection l’ont « été » sur les reprises après un centre en retrait. Malheureusement, il n’a pas su tirer leçon de ces réussites. Le 29 mars à Kumasi, Jocelyn Ahouéya a encore pris beaucoup de risques inutiles pour lui et pour la sélection. Ses courses isolées, quand elles échouent, laissent à découvert, Seidah Tchomogo et, obligent ses coéquipiers commis normalement à d’autres tâches, à se retrouver en position de reconversion de rôle. La grosse envie de Jocelyn Ahouéya à aider la ligne offensive n’est pas canalisée et ne participe d’aucun schéma tactique. Michel Dussuyer a failli, en ne rappelant pas régulièrement à l’ordre, le pilier de son milieu récupérateur. Jocelyn Ahouéya épuisé, a dû être remplacé par Djiman Koukou qui, moins qu’on ne l’attendait, a tenu le rôle en se démarquant régulièrement au profit d’Anicet Adjamonsi et, à faire évoluer le jeu, en jouant vite avec ses coéquipiers en position offensive. Michel Dussuyer a manqué de discipliner Jocelyn Ahouéya et la relance du jeu en a pris un coup chez les Ecureuils.

Le défaut suicidaire d’un latéral

En dehors de son silence face à l’insubordination tactique de Jocelyn Ahouéya, Michel Dussuyer s’est montré des plus confus par rapport à sa gestion du déficit de latéral droit. Au cours d’une conférence de presse, le sélectionneur national a reconnu que Romuald Boco n’a pas les réflexes d’un arrière droit et qu’il faut désormais réfléchir dans la perspective de doter les Ecureuils d’un latéral droit de profession. Le rétablissement de Moustapha Agnidé a donc été une bonne nouvelle pour Michel Dussuyer qui naturellement n’a plus été cherché loin pour pourvoir au remplacement de Oscar Olou qui était sa solution intermédiaire. Malheureusement, Moustapha Agnidé, malgré sa grande volonté peine toujours à convaincre. Finalement, c’est moins une question de volonté chez lui, qu’un problème de niveau de jeu. Dans son couloir droit, Moustapha Agnidé se voit presque toujours obligé de contrer des adversaires qui évoluent dans des clubs de haut niveau. Ceux-ci sont habitués à aligner des rencontres les unes aussi importantes que les autres. Latéral droit de Quimper (Cfa en France), lui, n’évolue au haut niveau que lorsqu’il joue avec les Ecureuils. Sur le centre en retrait ayant occasionné le but, il aurait pu empêcher Sulley Ali Muntari d’ajuster sa passe. Mais, c’est peut-être trop lui demander déjà. Michel Dussuyer qui a compris que l’ancien joueur des Dragons de l’Ouémé ne pouvait plus tenir longtemps, a dû le sortir pour ramener Romuald Boco à sa place. On revient à la case départ.

Que fait-on de Félicien Singbo ?

Michel Dussuyer a toujours affirmé suivre de près presque tous les Ecureuils évoluant à l’étranger « je sais qui joue et je sais qui ne joue », disait-il. A propos de Félicien Singbo, il déclarait il y a quelques semaines, savoir que l’international béninois a signé pour Lokomotiv Plodiv, un club Bulgare de D1. Tout dernièrement Michel Dussuyer, justifiant l’absence de Félicien Singbo sur la liste des joueurs retenus, dans la perspective du match de Kumasi, déclarait : « Il a repris en Bulgarie en D1, il joue, c’est de bon augure pour la suite de la compétition. Il va peut-être taper à la porte. Je ne l’ai pas encore vu jouer. » Michel Dussuyer ne peut se permettre de faire la fine bouche lorsqu’on sait que le défaut de latéral droit est un problème criard qui se pose au sein de la sélection. Les bandes vidéo des matches disputés par Singbo, doivent quand même exister quelque part. A défaut de disposer des moyens pour aller en Bulgarie visualiser les matches de ce dernier, Michel Dussuyer aurait se contenter exclusivement de ses vidéos pour se faire une idée de la forme du joueur. Le technicien n’a jamais pu aller à Bahreïn pour se rendre compte de la forme du moment de Seidah Tchomogo avant de le retenir, comme il n’est jamais allé en Arabie Saoudite voir Razack Omotoyossi. Il s’est toujours contenté de ce qu’il sait de leurs précédentes prestations pour les retenir. Avec les limites affichées par Moustapha Agnidé, il s’impose à Michel Dussuyer de convoquer Félicien Singbo, pour la prochaine rencontre des Ecureuils contre le Soudan à domicile, le 07 juin prochain.

Le cas Omotoyossi

Le fait que les Ecureuils évoluaient le 29 mars à Kumasi, a fait se concentrer toute l’opinion publique sur leurs capacités défensives à résister à la furia ghanéenne, au point les performances de la ligne offensive ont tendance à échapper à toute analyse. Et pourtant, le match de Kumasi n’a pas été à sens unique, loin s’en faut. Stéphane Sessegnon a su effectivement jouer le rôle de régulateur qui lui était échu. A plusieurs reprises, le milieu de terrain du Paris-Saint-Germain a réussi à mettre sur orbite, les hommes de couloirs Poté et Boco. Mais la suite… Tout le monde la connaît. Celui qui a été méconnaissable, c’est bien Razack Omotoyossi. C’est vrai que les statistiques disent que l’avant-centre béninois n’a reçu que 11 passes précises de ses partenaires. Mais les chiffres révèlent également qui n’a que deux tirs à son actif dont un seul cadré. Omogoal n’a plus son mordant habituel. Quoi de plus surprenant pour un attaquant qui se retrouve sans club depuis plusieurs semaines. Razack Omotoyossi est bel et bien sans club, depuis, que son passage en Primer league anglaise n’a pas prospéré. La loi du silence a longtemps empêché la vérité d’éclore mais, les contre-performances du dossard N°8 des Ecureuils ont fini par lever le voile sur le pot aux roses. Razack Omotoyossi ne sait plus accélérer son jeu comme il ne gagne plus ses duels. Au bout de 60 minutes de jeu, l’ancien sociétaire d’Al Nassr n’avait plus toutes ses jambes et Michel Dussuyer aurait dû en tirer toutes les conclusions et le remplacer par Abou Maïga ou un autre joueur sur le banc. Le sélectionneur national savait lui que Razack Omotoyossi est sans club. C’est sans doute pour ne pas démobiliser les supporters qu’il a dû affirmer lors son avant dernière conférence de presse que pour lui, Razack Omotoyossi. Mais, si le sélectionneur national peut facilement mentir à l’opinion publique, c’est qu’il mente à lui-même, jusqu’à feindre de ne pas voir Razack Omotoyossi finir le match sur les genoux qui a été certainement préjudiciable à la sélection. Le caractère étriqué du score ayant sanctionné le match Ghana-Bénin voile le manque de rigueur tactique et certains choix hasardeux des hommes faits par Michel Dussuyer. Le sélectionneur des Ecureuils, au-delà de l’obligation de réserve que lui imposent les fonctions qu’il exerce doit avoir certainement fait le point de ses responsabilités dans la contre performance de la sélection. Pourvu que le match contre le Soudan reflète qu’il a compris bien des leçons.

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