L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Trois années d’hibernation et l’ancien ministre des mines, de l’énergie et de l’hydraulique sous le régime du président Kérékou sort de son mutisme. Après avoir balayé d’un revers de main les informations selon lesquelles il aurait fêté ses 100 milliards, il a fait des confidences sur ses rapports avec l’actuel chef de l’Etat et ses rapports avec la classe politique béninoise. La question de l’énergie n’a pas été occultée lors de cette sortie.
Par : Barnabé HOUNKANRIN
Et Kamarou Fassassi rompit le silence ! L’ancien ministre des mines, de l’énergie et de l’hydraulique sous le régime du président Kérékou, Kamarou Fassassi a fait l’objet de plusieurs supputations depuis l’avènement du régime du président Boni Yayi, surtout par rapport à la crise énergétique qu’a connue le Bénin en 2007. Interpellé entre temps par la brigade économique et financière, son nom a longtemps circulé par rapport à l’acquisition des groupes électrogènes par le Bénin sous le régime du président Kérékou. D’autres informations selon lesquelles il aurait fêté ses 100 milliards et enterré 30 milliards à son domicile ont fini de jeter du discrédit sur cet ancien collaborateur du président Mathieu Kérékou. A l’en croire, ce round d’observation lui aurait permis de voir le régime actuel poursuivre plusieurs travaux ouverts sous le régime défunt d’une part, tout comme ce temps lui offre l’occasion d’observer la gestion du pays par le président Boni Yayi , d’autre part. Le président du Prd-Nouvelle Génération, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, est sorti de son silence, hier, à travers l’émission ‘’Zone Franche’’ de la télévision Canal3 Bénin. Pour Kamarou Fassassi, il n’a jamais été question pour lui de célébrer ses 100 milliards ni d’enterrer 30 milliards à son domicile. Il dénonce un complot politique orchestré à son encontre par ses adversaires politiques. Sur le sujet sensible des groupes électrogènes acquis pour la ville de Parakou et qui avait suscité une vive réaction des conseillers communaux de la localité, pendant qu’il était ministre en charge de l’énergie, Fassassi récuse les allégations à son endroit tout en réaffirmant la qualité de ces générateurs qui n’étaient pas aussi défectueux qu’on a tenté de le faire croire. L’homme se dédouane de toutes accusations et fait le procès de ses détracteurs. Toutefois, il confirme la dette de 14 milliards à la Communauté électrique du Bénin, dette qui aurait engendré le délestage de l’année 2007 au Bénin. Pour lui, le gouvernement d’alors a fait l’option d’utiliser les 14 milliards qu’il devrait payer à la Ceb pour étendre le projet d’électrification des villages du Bénin à d’autres localités. Cette option serait prise alors que la même dette du gouvernement du Togo à la Ceb dans le temps fut gelée par la Ceb.
Kamarou Fassassi, le centriste
Ancien membre du Parti du renouveau démocratique et président du PRD-Nouvelle génération, Kamarou Fassassi a eu, tout au long de son intervention, une position mitigée. Ami de toute la classe politique, le ministre Fassassi a affirmé toute sa collaboration avec le Chef de l’Etat en premier, et les barons des G et F, en second. Sur la gestion de l’escorte, Kamarou déclare : « Boni Yayi n’est pas un corrompu ». Il a dit toute sa disponibilité à servir le pays si appel lui était fait. L’ancien ministre des mines, Kamarou Fassassi avait eu pour principal partenaire financier, la banque ouest africaine de développement que présidait à l’époque l’actuel président du Bénin, le Docteur Boni Yayi. Par rapport à tout cela, il affirme garder jusqu’à ce jour de très bons rapports avec le président de la république pour lequel, rappelle-t-il, il avait appelé ses militants à voter au second tour de l’élection présidentielle de 2006. Dans le même temps, Kamarou Fassassi dit entretenir également des rapports cordiaux avec la plupart des ténors des G e F avec lesquels, il échangerait régulièrement. C’est dire que le président du Prd-Nouvelle Génération est resté centriste en défendant tout au long de cette émission une certaine ouverture politique pour un Bénin plus fort.