L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le 12 mars 2008, à la faveur d’une déclaration commune au Stade de l’Amitié de Kouhounou, la coalition des « G » et « F » s’est constituée. Un an après, jour pour jour, les argumentaires développés et les ambitions politiques nourries par la faction dite de l’ « opposition » semblent avoir du plomb dans l’aile. Le manque de cohésion au sein du bloc et la divergence des idées des responsables politiques fragilisent davantage l’union qui peine à retrouver ses marques.
Par : Serge-David ZOUEME
L’alliance G et F a un (1) an. Les ténors politiques, les militants et sympathisants du G4, du G13 et de l’alliance Force Clé doivent se réjouir au nom de leur coalition malgré ses déboires. Face aux manifestations des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui ratissaient large, les « opposants » ont senti le désir de s’unir au sein d’une faction pour conduire ensemble leurs ripostes. La coalition « G » et « F » a ainsi vu le jour. Mais très tôt, elle s’est vue confrontée à la divergence des opinions et des intentions politiques des chefs de partis qui la composent. La Renaissance du Bénin (Rb) de l’honorable Rosine Vieyra Soglo, le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) de l’honorable Séfou Fagbohoun, le Parti social démocrate (Psd) de Bruno Amoussou et le Parti du renouveau démocratique (Prd) de maître Adrien Houngbédji du G4, le G13 et l’alliance Force Clé de l’honorable Lazare Sèhouéto entrevoient différemment l’avenir politique de leur union. Cette cacophonie des ambitions politiques a eu des impacts, sans nul doute, négatifs sur la coalition lors des dernières élections communales et municipales dont les résultats ont consacré la suprématie des Fcbe. En effet, aux décomptes finaux, les Forces cauris pour un Bénin émergent sont sorties largement gagnantes desdites élections. Elles ont fait élire sur toute l’étendue du territoire national 800 conseillers communaux contre 400 pour l’ensemble des G4, G13 et Force Clé, soit la moitié. Un score qui, au soir du scrutin, confirme à nouveau la force de frappe de la mouvance présidentielle devant les « G » et « F ». A en croire certains analystes, les Fcbe restent et demeurent, du moins pour l’heure, un poids politique « indétrônable » par les « opposants ». A preuve, elles travaillent jusqu’à la base à travers leurs démembrements installés dans les différents départements du Bénin. Une discipline politique qui, en dépit de tout, tranche de loin avec la cacophonie des ambitions et la divergence des intentions politiques encore perceptibles au sein de l’opposition non déclarée.
Les G et F à la croisée des chemins
Ils auraient pu bien surprendre l’opinion politique à travers des options mûries qui déboucheront sur des actions d’éclat. Mais hélas ! Les faux pas se sont malheureusement multipliés. Le manque de cohésion au sein du groupe a gagné du terrain et chacun reste collé à son appartenance et à ses intérêts politiques. On se rappelle encore les sorties médiatiques à polémiques des responsables de la Rb. Le porte-parole du parti, l’honorable Epiphane Quenum a décrié la conduite politique des alliés de la Renaissance du Bénin qui friserait la trahison. L’honorable Rosine Vieyra Soglo, tout en épousant la troublante déclaration de ce dernier, a dit que son parti reste solidaire de la déclaration du 12 mars 2008 qui fonde la coalition et les conclusions du séminaire de Bohicon et d’Abomey. Ces sorties tous azimuts ont suscité des réactions au sein de la faction des « G » et « F ». D’aucuns estiment que la Rb va au gouvernement. D’autres voix dissonantes ont fini de confirmer la fragilité du bloc. On se rappelle aussi les motivations du conclave de Bohicon et d’Abomey : recentrer le débat politique au sein de la coalition, resserrer les liens et renforcer leur cohésion dans la perspective de 2011. Mieux, ils ont décidé du choix d’un candidat unique pour la présidentielle. Mais très tôt, cet engagement qui, au départ, semblait être partagé par les séminaristes des G et F a tôt fait de montrer ses limites. Et la coalition n’est pas encore au bout de ses peines. L’idéal d’une candidature unique pour la coalition a été vite battu en brèche et chacun des leaders veut bien se présenter aux prochaines élections présidentielles. Adrien Houngbedji, Léhady Vinagnon Soglo,Lazare Sèhouéto conduiront chacun leurs partis au prochain scrutin. Ce qui constitue un échec pour l’intergroupe qui révèle son incapacité à unifier ses forces. Mieux la plupart de ces personnalités sont à l’origine de la chute drastique de la croissance économique à la fin du mandat du président Kérékou en 2006. De 5% en 2003, le taux de croissance a chuté à 2% en 2006. En plus de ces grands handicaps, l’intergroupe G et F n’a pas réussi après douze mois d’existence à proposer une alternative à l’action de l’exécutif. Toute chose qui consacre manifestement l’échec politique de ce regroupement aux intérêts divergents. En conclusion, le bilan n’est pas reluisant pour les G et F au regard même d’une large frange de l’opinion nationale que ce regroupement a laissé sur sa soif Un (1) an après, jour pour jour, les G4, G13 et Force Clé doivent donc s’arrêter pour faire le bilan du parcours politique de la coalition de l’ « opposition ».