L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
12 mars 2008-12 mars 2009. Les G et F ont un an d’activités à leur actif. Mais lorsqu’on dresse le bilan, on constate que ce groupe est un panier à crabes dont les membres ont des intérêts divergents. En dehors de quelques déclarations éparses et peu convaincantes, les G et F ne sont pas arrivés à convaincre le peuple béninois alors qu’on attendait d’eux des actions ou tout au moins des propositions sérieuses pour le développement du pays.
La fougue s’estompe peu à peu. L’effet de surprise créé le jour de leur déclaration dès leur entrée sur la scène politique nationale a disparu de la tête des Béninois qui ont finalement compris que c’étaient les soubresauts des derniers survivants de la caravane politique. Ayant refusé le changement en dépit de ses prouesses, le groupe des G et F a préféré sauter sur de petites occasions pour se faire entendre. Le grand engouement qui a caractérisé la rencontre du Palais des sports de Cotonou le 12 mars 2008 où les quatre ténors politiques ont fait le réquisitoire du gouvernement à travers des déclarations incendiaires a, quelques mois après, cédé place à un climat de méfiance au sein du groupe même. Pendant un an, le peuple n’a eu droit qu’à des dénonciations sans des propositions pouvant les sortir de leurs conditions de vie très précaires. On n’a pas ressenti une capacité de propositions mais tout le jeu a été focalisé sur la défense des questions touchant à leurs intérêts personnels. Tout se passe comme si les ténors des G et F veulent volontairement provoquer une psychose au sein de la population en le distrayant puis en détournant le regard de l’équipe gouvernementale des objectifs qu’elle s’est fixé.
De plus, le groupe est enclin à des clivages politiques sur fond d’intérêts personnels. Aujourd’hui, les questions de divergence et d’intérêts sont plus que jamais d’actualité et chacun y va de ses manières pour s’imposer dans ce groupe. Si au départ la question d’une candidature unique a effleuré les intentions avec comme objectif principal la constitution d’un bloc contre Boni Yayi en 2011, il est clair qu’ à l’étape actuelle du jeu cette ambition n’est plus possible. C’est juste au lendemain du supposé renforcement des liens à Abomey et Bohicon qu’on a découvert les réelles intentions des uns et des autres. Certaines formations politiques ont plus ou moins exprimé leur désir de s’accaparer du groupe. La Renaissance du Bénin des Soglo a voulu faire son show pour se mettre à l’avant-garde des actions de l’ensemble. Mais le Parti du renouveau démocratique (Prd) de Maître Adrien Houngbédji a du mal à lâcher du lest car le leader des Tchoco-tchoco est à son dernier essai. Le jeu est confus et les tractations vont bon train. Les combats politiques au moment où le peuple souffre le martyr. Les questions de développement sont laissées au second plan. Une année consacrée à des tergiversations dans un pays dont les défis de développement sont énormes cela apparaît comme du gâchis. Pour cela, les G et F doivent réorienter leur combat.
Luc AGBELAGNON