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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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En tournée dans les chefs-lieux des départements : Les vérités du ministre Davo au sujet du système éducatif béninois

En tournée dans les chefs-lieux des départements où il s’entretient avec les premiers responsables des établissements d’enseignement secondaire et technique, le ministre des Enseignements secondaire, technique et professionnel, Bernard Lani Davo, a fait une escale samedi à Bohicon où il a échangé avec la presse.

Par : Francis-Hervé SANOUSSI

C’est un ministre soucieux de s’imprégner des problèmes du monde de l’enseignement secondaire qui s’est confié samedi à la presse. A mi-chemin de la fin de son périple national, les enseignements reçus par Bernard Lani Davo sont, à bien des égards édifiants. « Notre pays a de sérieux problèmes dans le domaine de l’éducation », a indiqué Bernard Lani Davo avant d’en évoquer les plus saillants.

En effet, selon lui, les effectifs pléthoriques des groupes pédagogiques, l’insuffisance des salles de classes et des moyens logistiques de même que le nombre des enseignants sont les difficultés majeures de l’univers de l’enseignement secondaire, technique et professionnel au Bénin.

Le point d’orgue de ce chapelet de récriminations est, a indiqué le ministre, le départ à la retraite dans cinq ans, d’un grand nombre de professeurs qui sont agents permanents de l’Etat. En conséquence, le risque que court le système éducatif, a-t-il expliqué, est que cette catégorie d’enseignants pourrait disparaître dans des régions entières. Car, aujourd’hui déjà, soutient-il, il y a des collèges dans lesquels le directeur est le seul agent permanent de l’Etat. « C’est un signal fort, a-t-il laissé entendre. Le reste, ce sont les vacataires », se plaint-il.

Les concertations ont cours, a-t-il annoncé, pour proposer au gouvernement une formule qui puisse lui permettre de gérer au mieux cette situation. Ce pourrait être par un reversement total des enseignants vacataires dans la fonction publique ; des enseignants qui, au préalable, auront été formés pour qu’ils répondent aux exigences du niveau de l’enseignement général, technique et professionnel dans la sous région.

Par rapport à sa démarche, a-t-il précisé, Bernard Lani Davo considère à leurs justes valeurs toutes les compétences y compris, surtout celle des enseignants qui jouissent déjà de leur retraite. « Leur apport serait précieux dans les efforts que fait le gouvernement pour maîtriser la situation », a-t-il dit. Il s’agit, a indiqué le ministre Davo, de s’organiser de sorte à rendre compétitive « l’approche par compétence ». Ce qui a toujours fait défaut, a-t-il fait remarquer, c’est l’approche critique des différentes réformes notamment, la réforme dite « grosse tête Dossou-Yovo », l’école nouvelle et aujourd’hui l’approche par compétence.

Ensuite, en ce qui concerne l’insuffisance des salles de classes, il estime qu’il faudrait au moins trois (03) milliards de francs Cfa pour en construire autant qu’il faut pour résorber les besoins. Les besoins en équipement sont aussi impressionnants, a-t-il précisé, quand on sait que dans la majorité des collèges au Bénin, les élèves de terminale D ne savent pas ce à quoi ressemble un microscope et ne l’ont, d’ailleurs, jamais touché.

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