L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Il manie les paraboles autant que les astuces politiques. Sobre et visiblement humble, mais toujours présent du côté où se prennent les décisions d’Etat. S’il ne tenait qu’à lui, Bruno AMOUSSOU occuperait encore une fonction importante dans le sérail du pouvoir actuel, comme a pu l’être pendant longtemps un autre puissant animal politique, à savoir le docteur Emile Derlin ZINSOU. Mais à la différence de ce dernier, le leader du PSD, puissant maître des résultats électoraux dans son Couffo natal, était déjà dans les leviers du pouvoir de la période révolutionnaire, avant de tomber en disgrâce pendant quelques années, puis d’effectuer un retour gagnant en 1990. Sans avoir été un des barons du système marxiste-léniniste de l’ère Kérékou 1, le renard de Djakotomey occupa néanmoins pendant plusieurs années le poste clé de Directeur général de l’unique banque commerciale du pays. L’immensité de la faillite de la BCB n’a eu d’égale que la difficulté à prouver, jusqu’à ce jour, que son fameux patron en était pour quelque chose.
Il n’empêche que c’est notamment en raison de cette ténébreuse affaire des trous de la défunte banque que le brillant ingénieur agronome dont tout le monde reconnaît la grande intelligence a fini par avoir maille à partir avec le pouvoir révolutionnaire de l’époque. Mais comme le temps passe et qu’il est possible de se refaire, surtout quand on est très habile, mordu de politique et passionné de pouvoir, Amoussou Bruno, un des premiers dirigeants de la SONADER (Société Nationale pour le Développement rural), dans les années 60, refit surface avec la Conférence nationale et réussit à se tailler un costume de présidentiable. Les soupçons d’affairisme et un déficit de charisme au niveau national l’ont empêché de parvenir à la magistrature suprême. Frappé désormais par la limite d’âge, Amoussou Bruno, à défaut de s’y installer, pourra-t-il continuer d’être décisif dans le choix des locataires de la Marina ? 2011 nous le dira.
Par : Vianney ASSANI