L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le chef de l’Etat, Boni YAYI a reçu en audience hier, le général François Kouyami. Le général à la retraite n’a fait aucune déclaration à la presse au sortir de cette audience historique. Cependant, on devine aisément quels pourraient être les sujets abordés par les deux hommes qui ne se sont apparemment jamais rencontrés depuis plus de deux ans.
On se rappelle l’interview accordée à un journal privé de la place où François Kouyami a indiqué que la situation politique nationale n’était pas loin de celle de la Mauritanie.C’était au lendemain du coup d’Etat militaire intervenu dans ce pays quelques mois seulement après des élections présidentielles jugées exemplaires par la communauté internationale. Les propos tenus par François Kouyami dans un contexte socio - politique particulièrement difficile a suscité beaucoup d’émotion dans certains milieux. Ces déclarations seraient perçues comme un appel à une remise en cause de l’ordre constitutionnel, une incitation à troubler l’ordre public.
Quelques heures après la diffusion de son interview, le général à la retraite avait été interpellé pour quelques heures. Depuis, on n’a plus eu d’apparition publique de François Kouyami jusqu’à l’audience d’hier. Il a certainement eu l’occasion de s’expliquer et de préciser les opinions qu’il a émises dans sa fameuse interview. Il convient aussi de préciser qu’après les braquages successives des banques installées dans l’enceinte du marché Dantokpa, certains ont évoqué avec beaucoup de nostalgie l’époque où il était directeur de la gendarmerie et la lutte qu’il a menée contre la grande criminalité avec le Gign. D’aucuns estiment en effet que le Bénin a encore besoin de ses services, notamment en matière de sécurité intérieure.
Souvent en mission pour les pays étrangers et les organisations internationales, François Kouyami apparaît toujours comme une référence en matière de lutte contre le grand banditisme. Tout compte fait, on pourrait bien saluer cette rencontre qui contribuera sans doute à rapprocher les deux hommes.