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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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YAYI doit-il se méfier du professeur TEVOEDJRE ?

L’ajournement sine die de l’examen du projet de loi sur le Médiateur de la république, par l’Assemblée nationale, il y a quelques jours, soulève moult commentaires et nourrit les fantasmes les plus fous sur l’avenir du professeur Albert Tèvoédjrè, président en exercice de cet organe et sur ses rapports avec le président de la république. En ces périodes de diverses turbulences au plan politique, le silence de celui que les Béninois appellent affectueusement le renard de Djrègbé ne peut laisser indifférent. Pourquoi le professeur Albert Tèvoédjrè ne parle-t-il plus ? A-t-il lâché son joker Boni YAYI pour lequel il avait pourtant appelé à voter en mars 2006 ? Quel coup prépare-t-il encore ? Les interrogations sont aussi nombreuses que les supputations pour percer le mystère du silence du président de l’OPM. Convaincu que ses difficultés actuelles à l’Assemblée nationale pour donner un statut légal à sa structure, ne sauraient justifier sa quasi absence de la scène politique nationale, Albert Tèvoédjrè connu pour être un activiste éclairé, reste encore actif pour imaginer qu’il puisse se mettre en marge de la gestion de la cité. C’est dans un tel contexte que se tiendront dans les prochains jours les assises statutaires du Parti national Ensemble (Pne), dont il assure actuellement la présidence d’honneur. De sources proches du bureau exécutif de ce parti, les militants du Pne vont à ce congrès bouffis de frustrations contre le régime du changement et mécontents du président Boni YAYI, qui de leurs avis, ne fait pas assez pour la promotion de leurs cadres et intellectuels dans les instances dirigeantes du pays. Les indiscrétions indiquent que si le professeur Pierre Ezin, précédemment membre du bureau exécutif de ce parti, siège aujourd’hui au sein de la commission de l’union africaine, c’est plus grâce aux relations de son mentor Albert Tévoèdjrè qu’à l’appui du gouvernement béninois. Quant à l’ambassadeur du Bénin près la république française, Albert Agossou, il doit sa nomination, selon les mêmes sources, à ses relations personnelles avec le chef de l’Etat que pour des raisons de son appartenance au parti national Ensemble(Pne). Face à de tels griefs, l’on imagine le plat de résistance de ce congrès qui devra permettre aux militants de prendre à cette occasion d’importantes décisions sur l’avenir du parti. Mais ne nous leurrons pas ; le bureau exécutif du Pne ne saurait prendre une décision sans se référer à la position du professeur Albert Tévoèdjrè, père fondateur de ce parti. Jusqu’à preuve du contraire, le renard de Djrègbé continue de jouer un rôle stratégique auprès du président Boni YAYI dont il a toujours l’oreille attentive. Ses conseils avisés sont toujours requis chaque fois que le chef de l’exécutif doit prendre une importante décision ou poser un acte de grande portée politique. Au-delà de ce qui se dit actuellement ici et là, l’axe Tèvoédjrè-Yayi ne s’est aussi mieux porté. C’est vrai que les adversaires du régime du changement piaffent d’impatience de voir Albert Tèvoédjrè lâcher son joker, Boni Yayi, à une période où l’annonce de la candidature d’Abdoulaye Bio Tchané fait frémir la mouvance présidentielle et met toute la classe politique en ébullition. Une sortie médiatique du président de l’OPM, en ces temps-ci, ne peut que venir bien à propos, pour remettre les pendules à l’heure.

Par : Bernadin MONGADJI

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