L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Kessilé Tchala était l’un des artisans de la première heure de l’avènement au pouvoir en 2006 du Docteur Yayi Boni. Pour cette raison, beaucoup de Béninois n’avaient pas compris les raisons qui auraient conduit le Président à le sortir du deuxième gouvernement dont il faisait parti. Son départ avait donc fait l’objet de moult interprétations ce qui laissait même présager que l’intéressé allait sans doute se venger les jours qui allaient suivre. Ainsi, son refus d’établir toute communication entre le Chef de l’Etat et lui en était un signe annonciateur. Mais faudrait-il, pour un quelconque lien d’affinité qui existerait entre le chef de l’Etat et un de ses collaborateurs, tolérer la gabegie dans la gestion des affaires du pays ?
Kessilé Tchalla alors Ministre de la Santé avait instauré une méthode de gestion atypique, osons le dire, dans son département ministériel. Cela s’observait dans la passation des marchés de ce ministère. Mais comment cela se manifestait-il ?
Chaque fois qu’il était question d’attribuer un marché du Ministère à des entrepreneurs qui pouvaient apporter leur expertise dans la dotation de certains équipements ou autres réalisations, l’offre paraissait toujours infructueuse. Est-ce toujours justifié ? La suite était que le Ministre Kèssilé Tchalla attribuait les marchés sans aucun autre appel d’offre à des entreprises qu’il choisissait à sa guise. En majorité, c’était des entreprises françaises dans lesquelles il avait des parts d’actions comme l’ont révélé des enquêtes réalisées discrètement sur demande du chef de l’Etat. Il faut spécifier que le Ministre Kessilé Tchalla a fait remplacer le Directeur des Ressources Financières et du Matériel qui était en poste après quelques mois d’activité avec lui car ce dernier n’était pas emphase avec ces pratiques qu’il avait très tôt installées. Sur la base d’un faux rapport établi sur lui en conseil des Ministres, un autre DRFM a été nommé. Mais malheur pour lui, ce dernier n’était pas aussi sur les mêmes longueurs d’onde que lui. Ce dernier aurait en personne fait un rapport accompagné de sa lettre de démission au Chef de l’Etat.
La bonne gouvernance étant l’un des crédos chers au Docteur Yayi Boni, il ne saurait en aucun cas tolérer des actes de gabegie qui sont contraires à la bienséance. Fut-on proche ou pas de lui, il a déjà montré par le passé qu’il ne saurait cautionner des actes du genre posés par Kessilé Tchalla.
Si Kessilé Tchalla a donc pensé que c’était l’occasion pour lui de faire bénéficier des marchés à ses partenaires français en ne respectant pas les règles en vigueur dans le domaine, il devrait aussi se souvenir de ce que c’était un dossier dont le Président de l’OLC était déjà saisi et il attendait le moment opportun pour en parler.
Si sa vengeance est aujourd’hui de soutenir Abdoulaye Bio Tchané pour montrer au Président Yayi Boni qu’il était incontournable, reste aux populations de savoir apprécier elles mêmes les choses pour savoir de quel côté se pencher.