L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La grève des vendeurs de l’essence de contrebande créé depuis quelques jours des désagréments aux populations. Les plus victimes affectés par, ce sont les conducteurs de taxi-moto qui portent la croix et la bannière avant de se procurer un litre d’essence. Face aux difficultés qu’ils connaissent, les conducteurs de taxi-moto invitent le gouvernement à mettre la balle à terre.
Par : Hermann ADIMOU & Anicet TIDJO (Stags)
De longues files d’attente devant les stations-service. Des personnes traînant leurs motos à la recherche d’une station-service. C’est à ces tristes scènes qu’on assiste depuis près de trois jours. Pour cause, les vendeurs de l’essence de contrebande, pour prouver leur importance dans le commerce des produits pétroliers au Bénin, observent depuis peu une grève à l’issue inconnue. Trois jours après, les voix s’élèvent déjà pour demander l’indulgence du gouvernement car les préjudices sont énormes. A en croire les dires de Boni Lali, un conducteur de taxi-moto, ils ne demandent pas que les vendeurs de l’essence prohibée s’installent mais que le gouvernement prenne des mesures pour accompagner cette volonté de supprimer le commerce illicite de l’essence. Pour lui, le gouvernement doit amener la balle à terre car les stations-service n’arrivent plus à tenir le coup.
Les mauvaises pratiques des gérants de stations-service
La grève des vendeurs de l’essence de contrebande a fait que leurs clients habituels ont pris les chemins des stations-service. Ainsi on assiste toute la journée et même tard la nuit, à de longues files d’attente au niveau des stations-service. Les gérants eux, parfois dépassés par les évènements choisissent délibérément de ne plus servir les clients même s’ils disposent du carburant. A en croire Boni Lali, ce comportement de certains gérants de stations-service ne leur donnent pas envie de s’y rendre régulièrement pour se faire servir. « J’ai fais plus d’une heure dans le rang pour pouvoir acheter de l’essence. C’est alors que, le gérant de la station-service a refusé de nous vendre le produit. Pourtant un camion citerne est venu leur livrer de l’essence. » a déclaré Emmanuel Kanninkpo, conducteur de taxi-moto. Ce conducteur de taxi-moto ne sachant quoi faire fut obligé de traîner sa moto jusqu’à la maison car, déclare t-il, après la station de Mênontin où il a subi le martyre la prochaine station se trouve à près de 2 km. Mais pour éviter ces genres de comportement qui n’encourage pas les usagers à aller vers les stations-services, le Ministre du commerce, Christine Ouinsavi, a mis en garde les promoteurs de stations-service pour qu’ils traitent bien la clientèle. Seulement sur le terrain, les promoteurs n’ont pas sensibilisé leurs employés.
L’échec des mini-stations
Créer à la suite des premières campagnes contre la vente illicite de l’essence frelatée, les mini-stations semblent ne pas tenir face à la forte demande en carburant. Selon Boni Lali, il faut parcourir près de trois mini-stations avant de trouver du carburant. Selon lui, le gouvernement s’est détourné de son objectif qui était de permettre aux vendeurs de l’essence de contrebande de créer des mini-stations. « Ce sont les riches qui se sont accaparé les mini-stations » a fustigé Emmanuel Kanninkpo avant de proposer au gouvernement d’entreprendre la création de tanks.
La spéculation des vendeurs clandestins
La grève décidée par les vendeurs de l’essence de contrebande, n’est pas respectée par tous les vendeurs. Certains vendeurs, pour préserver leur gagne-pain de la répression policière, ont installé leurs étalages dans les maisons ou dans des zones cachées. Ainsi face aux longues files d’attente devant les stations-service, certains usagers sont obligés de solliciter le service de ces vendeurs clandestins qui n’hésitent pas à augmenter le prix de leur marchandise. L’essence est vendue même à 500 f Cfa dans la clandestinité. A en croire ces vendeurs, ils ne peuvent pas rester sans vendre car cela constitue leur gagne-pain. A cet effet, ils invitent le gouvernement à penser à leur reconversion avant d’aller à la phase répressive. Ce qui faire dire à Boni Lali, conducteur de taxi-moto que la criminalité va de nouveau augmenter. « Je connais des gens qui dans leur vie n’ont appris aucun métier et c’est de la vente de l’essence prohibée qu’ils vivent. » a-t-il ajouté. Vivement que les deux parties arrivent à la table de négociation afin qu’une issue soit trouvée à cette situation qui ne profite à personne. Puisque nombreux sont les familles qui subissent déjà les préjudices.