L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La coalition politique dénommée G4 et regroupant les principaux partis de l’opposition non déclarée, traverse depuis quelques temps, une crise larvée qui l’affaiblit chaque jour. Avec une RB dont la position est désormais mitigée et un Madep qui compte deux ministres au gouvernement, la coalition effectue sa cure d’amaigrissement qui annonce la mort certaine d’un bloc qui a donné des sueurs froides à l’exécutif, il n’y a pas si longtemps.
Par : Bernadin MONGADJI
Que reste-il aujourd’hui de l’alliance G4 ? Pas grand’ chose. La coalition lancée en trombe l’année dernière comme un bloc politique d’opposition au régime en place et regroupant les quatre principaux partis traditionnels que sont la Renaissance du Bénin(RB), le Parti du Renouveau Démocratique (PRD), le Parti Social Démocrate (Psd) et le Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (MADEP) donne déjà en moins d’un an de profonds signes d’affaiblissement. Pourtant à son avènement, le G4 qui apparaissait comme une force alternative au gouvernement du changement, avait suscité un grand intérêt auprès des adversaires du président Boni YAYI et de son régime. Tant il est vrai que ces derniers voyaient en ces forces coalisées constituées de vieux briscards de la classe politique nationale, la capacité de venir à bout de l’actuel exécutif par la reconquête du pouvoir suprême. Effectivement le G4 a donné au temps fort où ses quatre composantes parlaient de la même voix, bien des sueurs froides au gouvernement et à son Chef tout comme il a remué le Parlement grâce à sa majorité devenue, il y a peu, instable. Aujourd’hui, c’est indéniable qu’au regard des événements récents qui ont reconfiguré les rapports de forces à l’Assemblée nationale avec l’indépendance d’action qu’affiche de plus en plus un de ses alliés comme la RB, que le meilleur est passé déjà pour cette coalition. Au sein des dignitaires du G4 ou parmi ses partenaires du G13, des langues se délient pour reconnaître que le bloc se fissure et que le virus de la division tant redouté, est déjà dans leur rang. Mais en réalité, il n’y a pas que la RB qui soit dans une position délicate au sein de la coalition. Le Madep du richissime homme d’affaires Séfou Fagbohoun entretient une duplicité de collaboration qui trahit un pacte avec le régime en place. A preuve, deux de ses éminents militants occupent actuellement dans le gouvernement de Boni YAYI des portefeuilles plus ou moins stratégiques : l’Enseignement Supérieur et la Fonction Publique. C’est dire donc que le G4 n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même. Les autres partis comme le PRD et le PSD laissés sur le tarmac donnent l’air d’y croire encore tout en cherchant à colmater les brèches. La vérité, c’est que l’unité d’action au sein du regroupement est sérieusement compromise et tous les coups y sont désormais permis. L’essentiel, c’est de pouvoir s’en expliquer, une fois le forfait perpétré. La RB réussit merveilleusement le jeu depuis quelques temps. En attendant le soupir fatal, le G4 donne des signes symptomatiques d’un moribond.