L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Revirement de situation au sein du bloc anti-Yayi. Les barons politiques et députés de la coalition des « G » et « F » peinent actuellement à accorder leurs violons autour de la gestion de leurs intérêts collectifs. La Renaissance du Bénin, excédée par la politique marginale de ses alliés politiques, vient de hausser le ton à travers son porte-parole, Epiphane Quenum. Hier, au siège du parti à Vèdoko, il a mis à nu les manœuvres opportunistes et hypocrites dont est victime la Rb au sein de l’alliance dite de l’ « opposition » à l’Assemblée nationale.
Par : Serge-David ZOUEME
Plus rien ne va entre les alliés de la coalition de l’opposition non déclarée. On tendrait vers l’implosion des « G » et « F » au regard des derniers développements de la vie politique qui entachent dangereusement la cohésion et l’unicité des actions au sein de la faction des « opposants ». Sur instruction du couple Soglo, Epiphane Quenum, porte-parole de la Renaissance du Bénin a dévoilé, hier, les manœuvres opportunistes et hypocrites qui seraient mises en branle par leurs alliés du G4, du G13 et de l’alliance Force Clé pour déstabiliser le parti des « Houézèhouè ». A en croire l’honorable Epiphane Quenum, la RB est restée dix (10) ans dans l’opposition pendant que ses alliés d’aujourd’hui jouissaient des délices du pouvoir avec le gouvernement du général Mathieu Kérékou. Et pour rien au monde, elle ne saurait accepter des accusations fallacieuses insinuant la traîtrise parce qu’elle a décidé d’être plus vigilante et de cesser d’être le dindon de la farce au sein du bloc.
Les argumentaires du député Epiphane Quenum
Les motivations d’une telle décision de la RB ne sont pas dénuées de sens. Selon le porte-parole de la Renaissance du Bénin, la désignation des six (6) représentants du Parlement à la Haute Cour de Justice a été faite au grand dam du parti. A preuve, parmi les six (6) députés désignés et mis en cause plus tard par la Cour constitutionnelle, aucun ne répond au nom de la Renaissance du Bénin. Elle aurait été purement et simplement victime du diktat de ses alliés qui se sont accaparés tous les sièges. Ce qui n’est pas de nature à maintenir la cohésion et surtout l’entente au sein de la faction dite de l’ « opposition ». Pire, confesse Epiphane Quenum, alors qu’il reste et demeure l’auteur de la proposition de résolution pour l’installation de la commission d’enquête en charge de la vérification de la gestion du président Mathurin Coffi Nago, ses alliés l’ont, une fois encore, dupé. En effet, il serait donc l’auteur de ladite proposition et par conséquent, la commission devrait porter son nom comme sous d’autres cieux. L’honorable Ismaël Tidjani Serpos du Prd lui aurait proposé de présider ladite commission. Il le lui aurait concédé au nom des principes de leur alliance et surtout des rapports personnels qui les lient. D’où l’appellation « commission Serpos » ou « commission Tidjani ». En revanche, Epiphane Quenum aurait demandé d’occuper le poste de rapporteur de cette commission. Mais grande a été sa surprise lorsqu’il a constaté, à son retour d’une mission, que le poste du rapporteur a été confié au député Eric Houndété. Quant à lui, il a été purement et simplement éjecté de la commission sans avoir été consulté alors qu’au moment où il tempêtait et se ridiculisait aux yeux du public, personne ne l’a soutenu - encore moins Eric Houndété - à l’Assemblée nationale. Les frustrations s’accumulent et pour rien au monde, la RB ne saurait les supporter pendant longtemps.
Rapports entre la RB et le gouvernement Yayi
A en croire le député Epiphane Quenum, il y a eu trop de supputations et de contre-vérités à ce propos. Selon lui, les relations entre la Renaissance du Bénin et le gouvernement du président Thomas Boni Yayi auraient pu être cousues d’un fil blanc, c’est-à-dire bien scellées. Mais hélas. « La RB continue de discuter des questions de gouvernance et de démocratie », a-t-il dit. Quant à l’entrée ou non de la RB dans le gouvernement du changement, Epiphane Quenum répond que cela est inopportun, du moins pour l’heure. Au moment opportun et après avoir consulté sa base, le parti décidera. A propos des soupçons qui pèsent sur sa personne, il explique que la nomination d’un ministre dans le gouvernement relève de la pure et unique discrétion du chef de l’Etat. C’est dire que tous les informations et argumentaires qui plébiscitent Epiphane Quenum comme ministre dans le quatrième gouvernement de Yayi ne seraient que de l’imagination dépourvue de tout fondement. En somme, le navire « G » et « F » est en train de donner de la bande et on pourrait assister dans les prochains jours à son naufrage.