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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Communication, politique et plaisanterie

L’art de la plaisanterie ne s’accommode pas toujours de la communication. Surtout en politique. On peut être très vite pris au mot ou rattrapé par le verbe que l’on a utilisé sans tourner sept fois sa langue dans sa bouche. D’ailleurs, comme l’a dit un esprit éclairé, « l’humour est une langue étrangère ». Il faut le manipuler avec habileté. S’assurer toujours que l’on a été bien compris. Cela participe de la maîtrise de soi, de sa langue, de la langue, de la communication et d’une certaine forme d’intelligence politique. L’ancien président Emile Derlin Zinsou, esprit lumineux et orateur hors pair, le sait si bien que le 08 septembre dernier sur RFI, répondant à une question de Christophe Boisbouvier, sur les coups d’Etat en Afrique, avait répondu : « Il faut supprimer les armées ! Elles ne servent à rien ». Puis, il ajouta immédiatement : « Non ! Je plaisante ! Plus sérieusement… », et il continua son développement.

Cette clarification du docteur Zinsou, qui procède, du reste, d’une formule assez courante dans la conversation française au pays de Molière, a permis de lever une équivoque qui aurait eu des conséquences fâcheuses sur l’image et le prestige de l’homme d’Etat. De Washington, où elle assistait euphorique à la prestation de serment de Barack OBAMA, Ségolène Royal, l’égérie du socialisme contemporain français, avait affirmé avoir vu ses idées copiées par les équipes de campagne du nouveau président américain. Moquée par tout le monde, elle recula en estimant que c’était de la plaisanterie. Ici, au Bénin, un ancien ministre plaida visiblement de façon fort sincère à la télévision pour être utile auprès du Chef de l’Etat. Pris au mot par le décideur, raillé et soudain conscient de l’ampleur du défi qu’il s’était lancé à lui-même et au Président de la République, le professeur recula et évoqua la plaisanterie. Ça n’a pas l’air tout à fait honnête. Non ! Je plaisante (pas) !.

Par : Vianney ASSANI

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