L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Après les multiples suspensions intervenues lors de la plénière du lundi dernier, consacrée à l’étude du projet de loi organique sur la Haac, les honorables députés n’ont pu se retrouver, hier, à l’Assemblée nationale comme prévu. Ils ont unanimement fait la politique de la chaise vide. Quant à la divergence des points de vue entre les factions politiques en présence, elle n’a pu être enrayée.
Par : Serge-David ZOUEME
Les élus du peuple n’ont pu accorder leurs violons autour du nouveau projet de loi organique qui régira bientôt le fonctionnement de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Les débats ont essentiellement tourné autour des articles 11, 16, 18 et 35 de ladite loi organique. Il s’est agi, entre autres, de la composition de la Haac qui a achoppé sur deux schémas divergents, le mode de désignation du président de l’institution et la gestion et l’octroi des fréquences aux radios et télévisions privées. Les différentes factions politiques en présence au sein de l’Hémicycle étaient restées campées, chacune, sur leur position. Conformément à la restitution des travaux de la commission des lois, sur les neuf (9) membres du bureau, le président de la République en désignera deux (2). Les animateurs des médias auront trois (3) représentants et quatre (4) pour les honorables députés. Un schéma défendu avec insistance par le député de la Renaissance du Bénin, Epiphane Quenum. Ce qui n’était pas du goût d’une frange de députés de l’opposition qui s’insurgent contre les deux (2) postes concédés au chef de l’Etat. Selon ces derniers, le président de la République n’aura droit qu’à un seul représentant au sein du bureau de la Haac contre cinq (5) pour les honorables députés. Pour d’autres encore, cette désignation sera faite conformément à la configuration de l’Assemblée nationale. L’autre point de discorde est relatif à la gestion et l’octroi des fréquences. A en croire certains députés, cette gestion relève de la Haac en tant qu’institution autonome. Pour d’autres, il n’en est pas question. Selon eux, l’octroi des fréquences aux stations de radio et aux chaînes de télévision privées relève des attributs du chef de l’Etat. Les avis étaient clairement divergents. Les multiples suspensions observées tout au long de la plénière n’ont pas pu permettre aux blocs politiques (mouvance et « opposition ») d’harmonier leurs points de vue autour de l’essentiel. De sources concordantes, ils devraient se retrouver, hier mardi, au Parlement pour poursuivre les travaux. Mais rein n’y fit. Ils ont tous opté pour la politique de la chaise vide. Aux dernières nouvelles, ils se retrouveront, jeudi prochain, à l’Hémicycle pour poursuivre les débats autour de ladite loi organique.