L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
« La paix, ce n’est pas un vain mot ; c’est un comportement ». Cette célèbre phrase de Feu Félix Houphouët Boigny, ancien président de la république de Côte d’Ivoire doit nous interpeller au quotidien, ici au Bénin, notamment les gouvernants, les acteurs politiques et les forces syndicales. Alors que l’année 2009 s’ouvre sous les auspices de la stabilité et de l’éclaircie dans l’horizon politico social, les ogres de la politique nationale, aux abois et qui ne voient pas d’un bon œil ces signes et indices d’apaisement, s’activent déjà pour noircir ce ciel d’azur. Sur le front social, dans un pays où les frontières entre la politique et le syndicalisme sont poreuses, les acteurs syndicaux annoncent déjà les couleurs de la levée de la trêve sociale. Ces derniers sont-ils eux aussi en mission ? Rien n’est moins sûr. Paradoxalement sur les lèvres, les discours prônent les vertus de la paix et du dialogue ; mais en réalité nos faits et gestes, nos comportements et positions rigides et jusqu’au boutistes sèment chaque jour les graines de la haine atavique, de la division, de l’exclusion, du régionalisme qui débouchent sur les conflits et la conflagration. Heureusement, Dieu nous en préserve jusque-là ! Dans un petit pays et pauvre comme le Bénin où les grands défis sont ceux du développement et de la lutte contre la paupérisation, sommes-nous de véritables artisans de la paix, sans laquelle l’émergence économique ne serait qu’une vue de l’esprit ? En la matière, la responsabilité de nos gouvernants et des acteurs politiques et sociaux est plus grande. Notre pays s’ennoblit depuis la conférence des Forces vives de la nation de février 1990 d’une excellente réputation de démocratie stable et exemplaire et nos actes doivent concourir à l’enracinement et à la préservation de ce processus. Tel doit être notre engagement citoyen. Le Forum politique que le gouvernement projette d’organiser dans les prochaines semaines dans le cadre du dialogue national, offrira à n’en point douter une tribune idoine aux principaux acteurs politiques de débattre et d’échanger sur des questions d’intérêt national si nécessaires à la paix et à la stabilité.
Le vote du budget 2009 de l’Etat à l’unanimité des députés présents à cette séance, le 30 décembre dernier, malgré la polémique qui entoure le geste, constitue un acte majeur de décrispation de la vie politique marquée jusqu’à cette date par une crise parlementaire inédite.
Notre jeune démocratie, pour se consolider et servir ensuite le développement, a besoin d’être nourrie de consensus et de dialogue permanent entre les acteurs. Les discours belliqueux et l’intransigeance suicidaire attisent les crises et compromettent la paix et l’unité nationale.
Béninois de l’intérieur comme de l’extérieur, sommes-nous des acteurs de la paix ou de la guerre ? Chacun de nous devra répondre à cette question.
Par : Bernadin MONGADJI