L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Présidente du parti, la Renaissance du Bénin (RB), l’ancienne First Lady, Rosine Vieyra SOGLO siège au Parlement béninois depuis la deuxième législature. Depuis lors, celle que les Béninois appellent affectueusement la Dame de fer pour son courage politique et son intransigeance féline, n’a jamais plus quitté l’hémicycle où elle écrit depuis cette date l’histoire du Parlement de son pays.
Mais en réalité, ce n’est pas à l’Assemblée nationale que ses compatriotes l’ont découverte dans le feu de l’action sociopolitique. Sous le mandat de son époux à la tête de la République du Bénin entre 1991 et 1996, Rosine SOGLO s’est révélée aux Béninois comme une véritable Première Dame omniprésente aux côtés du Président Nicéphore Dieudonné SOGLO, pérégrinant avec lui dans les quatre coins du monde, au service de la Nation. Son influence était si grande et de notoriété nationale qu’une anecdote en ces années-là restée encore dans la mémoire collective, racontait que c’est elle qui faisait et défaisait les différents gouvernements qui se sont succédé au cours du régime SOGLO.
Avant son entrée fulgurante au Parlement à l’issue de l’élection législative de mars 1995, Rosine V. SOGLO s’illustrait déjà dans l’action caritative sous la bannière de sa célèbre association dénommée « Vidolé » ; association qui lui permettait d’engranger de substantiels gains au plan sociopolitique.
Avocate de profession, précédemment inscrite au barreau de Paris (France), c’est de cette formation de juriste de haut rang et de praticienne du droit que la Présidente de la RB puisait sa brillante rhétorique et sa verve qui retentissaient dans l’hémicycle comme le carillon de la cathédrale de Rome. Ses flèches les plus acérées, elle les avait décochées depuis la tribune parlementaire aux successifs régimes du Président Mathieu KEREKOU à qui elle ne pardonne guère d’avoir hypothéqué le rêve de son époux de parachever son entreprise de reconstruction du Bénin du Renouveau. Si Rosine SOGLO a tenu ferme et que la RB a survécu à toutes les tempêtes, en dépit des multiples et divers subterfuges et pièges du régime KEREKOU pour déstabiliser son parti et l’enrayer de la carte politique nationale, c’est grâce à sa combativité et à son leadership féminin.
Aujourd’hui encore, à plus de soixante dix ans, la présidente de la RB marque toujours la vie parlementaire de son pays. Après une longue absence de la scène parlementaire au cours de l’année 2008, période pendant laquelle une crise politique aiguë s’est sédimentée à l’Assemblée nationale, on l’a revue à la fin de l’année en pleine forme, reprenant sa place et sa voix de stentor à l’hémicycle. Depuis lors, tout semble avoir changé.
A propos, les indiscrétions font état de ce que si la loi des finances de l’année 2009 a pu être adoptée avec célérité par une large majorité des députés dans un contexte de crise et sur des notes de fière chandelle décernées à l’Exécutif, il faut y voir la main et l’action politique de celle que tout Béninois averti peut appeler fièrement l’Amazone du Parlement béninois. Rosine V. SOGLO serait-elle décidée à siffler la fin de la récréation à l’Assemblée nationale en ramenant ses pairs à l’essence même de leur mandat républicain ?
Toujours est-il que depuis son retour, les pendules se remettent progressivement à l’heure à l’hémicycle, au grand bonheur du Président Boni YAYI et de son gouvernement. Toute chose qui présage d’une vie parlementaire apaisée en cette année 2009 après les turbulences qui ont agité la deuxième institution de l’Etat au cours de l’année écoulée.
Bonne année à tous les Béninois !
Par : Bernadin MONGADJI