L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Que d’actes de dérapage et d’intolérance à l’Assemblée nationale. Les honorables députés de la coalition dite de l’opposition non déclarée viennent d’en donner à nouveau la preuve, vendredi dernier à l’hémicycle à travers le vote sélectif et marginal des représentants du parlement dans les Parlements africains.
Par : Serge-David ZOUEME
Ceci ne fait qu’en rajouter au diktat minutieusement concocté par les députés des « G » et « F » lors de la désignation de leurs représentants au sein de la Haute cour de justice. Six (6) sièges confortablement occupés par des députés unicolores animés d’une même ambition politique : fouler aux pieds les principes de partage et de démocratie. A travers l’élection partiale, vendredi dernier, de leurs représentants dans les Parlements africains, ils viennent de confirmer leur dictature de la majorité. On s’y attendait peu. L’opinion, en l’occurrence les personnes éprises de la démocratie prévoyaient une désignation proportionnelle reflétant la configuration politique de l’Assemblée nationale. Qu’on ait un groupe d’élus composé d’hommes et de femmes qui reflètent réellement les différentes couleurs et tendances politiques à l’Assemblée nationale afin de représenter valablement l’hémicycle dans les instances et parlements africains. Mais cette aspiration politique nourrie par une bonne frange des Béninois est, à nouveau, battue en brèche par les « G » et « F ». Le mode de désignation proportionnelle proposé par la Cour constitutionnelle et qui a d’ailleurs fait l’objet de jurisprudence dans bien des cas a été foulé aux pieds, provoquant du coup la violation du principe du partage. A la Haute cour de justice, les députés de l’opposition non déclarée ont réussi à rafler les six (6) sièges à pourvoir contre zéro (0) pour leurs collègues de la Fcbe. Le diktat a été décrié au sein des cercles politiques et même de la société civile. La Cour constitutionnelle aurait été saisie pour dire le droit et rétablir les Fcbe.
Bis repetita
Pour une seconde fois, les députés « G » et « F » ont mis en œuvre leur politique d’exclusion, écartant du jeu politique leurs collègues de la mouvance présidentielle. Sur les quinze (15) sièges à pourvoir au sein des Parlements panafricain, de la Cedeao et du Comité inter-parlementaire de l’Uemoa, ils se sont taillés la part du lion avec dix (10) sièges contre seulement cinq (5) pour les minoritaires. A tous les coups, les députés Fcbe sont contraints de claquer la porte. Le rapport en terme de sièges concédés est déséquilibré entachant systématiquement l’image de l’Assemblée nationale, la deuxième institution de la République. Selon les indiscrétions proches du Parlement, les députés de la coalition « G » et « F » n’ont pas fait preuve de tolérance, encore moins de partage politique. On se souvient dans un passé récent, alors que la mouvance présidentielle était majoritaire à l’Assemblée nationale, les « G » et « F » minoritaires se sont plaints de la main mise des Fcbe sur les institutions de la République. On conçoit mal alors que les députés de l’opposition non déclarée s’inscrivent dans cette manœuvre des vieux temps que certains qualifient de pratique politicienne. Il s’agit là d’un nouveau dérapage à l’Assemblée nationale dépourvu de tout fondement et toute motivation.