L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Pour avoir voté pour le rapport d’activités du Président Mathurin Nago, l’honorable députée Kakpo Justine, épouse Chodaton est apparue aux yeux de certains comme un traitre qui n’a pas respecté les consignes de vote au sein de son groupe politique.
Or, on peut comprendre aisément que ce sont plutôt le bon sens et le courage politique de cette battante qui dérangent beaucoup.
Il a fallu qu’une femme de la trempe de Justine Kakpo, épouse Chodaton vote pour le rapport d’activités du Président Mathurin Nago, pour que les commentaires fusent qui pour estimer qu’elle est " acheter ", qui pour la traiter de traitre qui serait en train de prendre ses dispositions vis-à-vis de sa famille politiques, la Renaissance du Bénin.
Mais lorsqu’on lit bien le comportement de cette expérimentée bien avertie des réalités parlementaires parce qu’étant à sa troisième mandature, on comprend simplement que l’honorable Justine Chodaton n’a fait qu’exprimer son amertume par rapport à la crise politique qui secoue l’Assemblée nationale et qui ne fait que durer. Normalement en tant qu’élues du peuple, les huit autres députés femmes devraient comprendre le sens de son combat à cause de la condition de la femme dans le Bénin profond.
Une mère est celle qui pardonne l’impardonnable. C’est elle qui ressent mieux les pires souffrances et est capable de trouver des solutions aux problèmes dans les situations les plus compliquées. C’est aussi elle qui ressent mieux les pires souffrances dans le Bénin profond et donc en mesure de dire en quoi la crise au Parlement lui est préjudiciable. Elles constituent 52% de la population, selon les statistiques actuelles et sont plus exposées surtout dans les campagnes. Il faut donc des actions pour les sortir de la précarité et de la misère sous toutes leurs formes.
Leurs gestes sont très attendus.
Rosine Soglo, Célestine Adjanohoun, Hélène Aholou Kèkè, Amissétou Affo Djobo, Kakpo justine, Amoudath Ahlonsou, Sofiath Schannou, Sanni Yibatou et Marie-Ange Leroux sont les neuf femmes parlementaires qui peuvent sauver ces nombreuses femmes de la précarité ambiante. Pour avoir sillonné les coins et recoins du pays durant leurs campagnes électorales, elles sont mieux placées pour savoir le degré de souffrance des femmes dont elles ont sollicité les suffrages.
A travers leur détermination et les propositions de lois au Parlement, elles sont en mesure de changer la donne. Mais avant, il faut de l’accalmie à l’Assemblée nationale. La crise qui secoue le Parlement depuis plusieurs mois et le présente comme un champ de bataille pour les différentes forces politiques constitue un point d’achoppement pour leurs éventuelles actions.
Il revient donc aux femmes d’user de leurs tacts de femmes pour décrisper l’atmosphère politique nationale. Ce faisant, elles auront joué un rôle fondamental dans cette histoire qui ne fait que trop durer.
D’aucuns diront que leur nombre réduit et leur appartenance à différentes forces politiques ne peuvent leur permettre de jouer un tel rôle. Le fait de dire leur appréhension de la présente crise tout en plaidant pour le sort des nombreuses femmes qui croupissent sous le poids de la misère dans les hameaux serait un geste salvateur très apprécié de leurs sœurs à qui elles avaient déjà promis une amélioration des conditions de vie.
Il a suffi que Justine Kakpo, épouse Chodaton exprime son intention de voir la crise prendre fin pour que cela focalise l’attention de tous. Alors qu’on devrait prendre exemple sur elle pour changer la donne et éviter le pire aux femmes paysannes.
Cécil Ahouélété ADJEVI