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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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INTELLIGENCE ECONOMIQUE : L’information maîtrisée, une arme fatale pour l’entreprise

En somme, l’IE est un « thème général, un concept globalisant qui capitalise notamment les différentes activités de veille avec une application spécifique à la stratégie globale de l’entreprise », elle permet à l’entreprise d’être réactive par rapport à son environnement. Elle n’a pas tôt fini de se démarquer de la veille stratégique que déjà un autre front l’attend avec l’espionnage économique.

Comme toute discipline nouvelle, l’IE n’a pas encore tous ses repères : elle s’est à peine démarqué de la veille stratégique que déjà son application effective dans les organisations lui confère encore des allures d’espionnage économique. Proche des méthodes et actions de l’espionnage économique, l’IE n’arrive pas encore à se faire une nette frontière et pose avec l’espionnage le problème de la légalité et de la légitimité des actions de recherche et d’acquisition de l’information, de l’information ouverte et de l’information informelle. L’IE, une expression générique qui englobe plusieurs facettes, techniques et méthodes de collecte et de gestion de l’information ouverte, est aux antipodes de l’espionnage économique. Jérôme Dupré définit ce dernier comme « le fait pour une personne physique ou morale, de rechercher dans un but économique, pour soi ou pour autrui, de manière illégitime - c’est-à-dire, le plus souvent à l’insu et contre le gré de son détenteur- des informations techniques ou de toute autre nature lorsque ces informations présentent une valeur, même potentielle, dont la divulgation serait de nature à nuire aux intérêts essentiels de ce dernier. »

Intelligence économique et espionnage économique

Même si cette définition n’a pas le mérite de montrer clairement les écarts entre ces deux notions, elle a néanmoins révélé que l’espionnage économique est une pratique déloyale qui se distingue de l’IE, par des atteintes aux intérêts légitimes d’un concurrent et nuit au secret d’affaires. L’espionnage économique est, malheureusement, une menace à laquelle la plupart des grands pays ont accès aujourd’hui au nom de la compétitivité économique nationale. Ils mettent à contribution leur appareil d’Etat et notamment les services secrets : « l’utilisation de la Cia pour le renseignement économique a débuté avec le président Georges Bush Père et a explosé sous le président Clinton, alors même que le ministère du commerce était infiltré par des agents de la Cia. Clairement, des espions américains ont trempé dans des affaires de renseignement économique. » Comme l’IE, l’espionnage économique est aussi un ensemble d’activités de veille, de renseignements à base de sources humaines (humint) ou à base de sources électroniques (signint), mais ces pratiques ne respectent pas les lois du droit de l’information, de la propriété de l’information, de la concurrence. Ces pratiques sont de nos jours très légions, très sophistiquées par l’œuvre des moyens modernes des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) : elles sont constituées d’actions criminelles, informelles, de lobbying abusé, d’attaques informatiques (hackers), les cookies sur Internet, les faux contrats d’affaires, surveillance par caméra ou micro, les vols de dossiers, les écoutes téléphoniques ; aux Etats-Unis en 1996, selon le bureau « intelligence et recherche » du département américain, ce dernier a dépensé 1,3 milliards de dollars uniquement pour les écoutes téléphoniques allant dans le sens de l’espionnage industriel. L’exemple le plus célèbre d’espionnage économique au niveau inter- Etats, connu, est bien celui de l’organisation anglo-saxonne UKUSA et son système d’espionnage planétaire «Echelon» :

« L’organisation UKUSA et son système d’espionnage planétaire «Échelon» mis en œuvre par un groupe de pays anglo-saxons sous la houlette des États-Unis est l’exemple type d’action d’intelligence stratégique relevant de la violence légale dans les pays l’ayant institué mais devenant totalement criminel dès l’instant où ce système s’étend à d’autres pays, même officiellement alliés. On se souviendra du voyage officiel en Arabie Saoudite du premier ministre français Édouard Balladur fin 1994 dans le cadre duquel était prévu la signature d’un très important contrat de fournitures d’équipements aéronautiques militaires qui n’eut finalement pas lieu car quelques jours auparavant, une firme américaine envoya une offre légèrement meilleure en tous points qu’elle avait pu établir, on le sait aujourd’hui, grâce aux renseignements de dernière heure obtenus par le système Échelon. Outre l’humiliation subie, ce fut surtout une grosse perte pour les industriels d’un pays qui n’a pas la chance d’appartenir à UKUSA ».

Il est alors évident, que ce soit dans le contexte de l’IE comme de l’espionnage économique, que l’information est avant tout une richesse, une source de pouvoir dont a besoin toute organisation pour être plus compétitive , elle le sera davantage si un réseau, un dispositif performant de recherche, de collecte et de mise à disposition de cette information au niveau de tous les secteurs, toutes les branches d’activité de l’entreprise ou de l’Etat, est mis en place, c’est-à-dire «un dispositif d’intelligence économique» .

Rodrigue Philippe HODE
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