L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le 29 novembre dernier, le Chef de l’Etat béninois était à Doha dans le cadre de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement chargée d’examiner la mise en œuvre du consensus de Monterrey.
A cette occasion, le Dr Boni Yayi a fait des propositions concrètes visant à promouvoir une stratégie de financement du développement qui permet à tous les Etats de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement, dans la perspective d’une éradication de la pauvreté.
En adoptant le Consensus de Monterrey en mars 2002, la communauté internationale s’est engagée à résoudre le problème du financement du développement, dans la perspective de la réalisation des objectifs de développement convenus au niveau international.
Plus de six ans après, force est de constater que malgré les efforts consentis pour la réalisation des engagements pris, le bilan demeure mitigé particulièrement en ce qui concerne les pays d’Afrique subsaharienne. A la Conférence de Doha, dans son discours, le Président béninois a rappelé à la communauté internationale, que pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, des actions hardies doivent être menées au regard des principaux piliers du Consensus de Monterrey.
Ainsi, en matière de mobilisation des ressources nationales, il estime qu’il est impérieux d’aider les pays pauvres à jouir de leurs richesses en intensifiant la coopération internationale dans le domaine de la lutte contre la fuite des capitaux et l’évasion fiscale. Ce qui passe, selon lui, par le renforcement du Comité des Experts des Nations Unies en matière de taxes. Il a aussi souhaité que les pays développés respectent leur engagement qui consiste à consacrer, d’ici à 2015, 0,7% de leur produit national brut à l’aide publique au développement dont 0,15 à 0,20% en faveur des pays les moins avancés. Il paraît également indispensable pour le Chef de l’Etat béninois que les institutions multilatérales participent davantage à l’effort de reconstitution des ressources en faveur des pays pauvres à travers notamment le Fonds Africain de Développement et l’IDA et que les échanges commerciaux internationaux fassent l’objet d’une attention plus grande avec la recherche d’un système de commerce international équitable et favorable au développement.
« Il est par conséquent impérieux de relancer le cycle des négociations commerciales de Doha qui constitue un espoir pour de nombreux pays en développement. Le Bénin en appelle une fois encore aux pays développés pour qu’ils mettent fin à la pratique des subventions qui créent des distorsions dans le commerce international au détriment des producteurs agricoles de nos pays », a indiqué le Dr Boni Yayi.
Souhait de Boni Yayi
Le souhait le plus ardent de Boni Yayi est de voir les pays pauvres participer aux côtés des pays riches à la transformation de l’architecture du système financier international. « Le système financier international rénové devra désormais prendre en compte les aspirations de développement des pays aujourd’hui marginalisés dans la gestion des crises internationales dont ils ressentent durement les effets », a-t-il souhaité, avant de proposer la mise en place d’un mécanisme de surveillance susceptible d’inventorier et d’alerter la communauté internationale sur les évènements, notamment les diverses crises.
Léonce HOUNGBADJI