L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La situation politique nationale ces derniers mois ne laisse aucun citoyen du pays indifférent. Le changement voulu et applaudi par le peuple béninois en avril 2006 est aujourd’hui confronté à certaines difficultés qui semblent annihiler les efforts que déploie l’artiste de ce concept, le Président Boni Yayi.
On croyait à l’orée de ce quinquennat que tout ira pour le mieux, même jusqu’au lendemain des législatives de mars 2007. Mais, la guéguerre politique qui est née de la sauvegarde des intérêts purement particuliers vient aujourd’hui compliquer tout et contraindre le Chef de l’exécutif par deux fois à faire recours aux mesures exceptionnelles que lui confère la loi fondamentale.
Deux ordonnances pour faire passer les lois qui devraient être votées par la représentation nationale, cela semble décrédibiliser notre démocratie chèrement acquise. Le paradoxe est que, les partis politiques regroupés en “G“ qui reprochent au Chef de l’Etat le non respect des engagements ne sont pas capables de porter au grand jour l’engagement dont il est question.
Et puisque, “lorsque deux éléphants se battent se sont les herbes qui en partissent“, les deux protagonistes gouvernement – opposition doivent comprendre que le peuple gagnerait si de part et d’autre on ramenait la balle à terre pour faire souffrir moins ces populations qui manquaient déjà de l’essentiel vital. Si le nœud gordien du problème était la tête du Président de l’Assemblée nationale Mathurin Coffi Nago, pourquoi ne pas chercher un compromis pour accorder de crédit à notre démocratie ?
En tout cas, le peuple béninois est las de la situation politique que vit aujourd’hui le pays. Il voudrait seulement que, lorsque la politique aura suffisamment divisé ses dirigeants, que tout au moins le développement et le souci des générations à venir les convergent.
Charles Eyitayô Yaï