L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La commission d’enquête parlementaire mise en place par les députés pour vérifier la gestion du président de l’Assemblée a commencé ses travaux. Après le président Mathurin Nago qui a adressé mercredi, par écrit, ses réponses à la commission présidée par le député Ismaël Tidjani Serpos, les membres du cabinet du président de l’Assemblée nationale ont aussi été écoutés hier. Les plans de l’opposition semblent mis en difficultés.
Par : Virgile ATOHOUN
C’est par un document de près de deux cents pages que le Président de l’Assemblée Nationale, le Professeur Mathurin Coffi NAGO a répondu aux 12 questions posées par la commission d’enquête parlementaire mise en place pour vérifier sa gestion. Adressées en milieu de semaine à la commission Serpos, les réponses stricto sensu font 35 pages et les annexes composés de justificatifs et autres preuves font plus de 100 pages.
Alors que les commanditaires de l’enquête, dans leur plan, voulaient contenir la problématique de la gestion dans sa seule dimension politique, les réponses du président de l’Assemblée nationale les ont entraînés aussi sur le terrain des finances. Mathurin Nago a aussi voulu que des clarifications soient faites à ce niveau, sachant que pour lui, aucun franc ne peut sortir de l’Assemblée nationale sans justificatif. Du reste, l’élu de Bopa a prouvé qu’il n’est pas le signataire des chèques et que ce n’est pas lui qui choisit les fournisseurs. A propos de la fameuse affaire des étrennes électorales qui ont défrayé la chronique en début d’année, Mathurin Nago a démontré qu’il n’était pas le commanditaire de ces calendriers dont il n’a reçu que 120 exemplaires qu’il a partagés à des collaborateurs au niveau de l’Assemblée nationale. Sur les détails de cette transaction, le président de l’Assemblée nationale a demandé au 1er questeur de fournir les éléments de réponses complémentaires à transmettre à la commission. Mais d’après nos informations, les informations fournies à ce niveau ne serait pas suffisantes, ni très claires. Dans tous les cas, elles ne sauraient mettre en cause la crédibilité du président de l’Assemblée nationale. De sources proches du parlement, les réponses du titulaire du perchoir ont mis en déroute le plan de déstabilisation qui était mis en branle et qui a justifié la création de cette commission.
Hier, les membres du cabinet du Président de l’Assemblée nationale avaient été convoqués pour plancher devant la commission. Ainsi, messieurs Comlan DADEGNON, Directeur de Cabinet, le Colonel Guy ADJAHO, Commandant militaire, le journaliste Firmin GBEKAN, Attaché de Presse, ont été aussi auditionnés. D’après nos informations, l’objectif de ces auditions était de prendre à défaut ces collaborateurs directs du président de l’Assemblée nationale sur tel ou tel aspect du fonctionnement du cabinet qui pourrait être mis sur le compte de l’abus de pouvoir, de la mauvaise gestion politique ou financière. Certaines questions tendaient à voir si les activités du cabinet n’allaient pas exclusivement dans le sens de la défense des intérêts du Président ou de certains députés, plutôt que de tous les députés.