L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les assises du colloque national sur le concept de la laïcité démarré le jeudi 6 Novembre 2008 ont clôturé leurs travaux le lendemain vendredi 7 Novembre.
Comme on pouvait bien s’en douter, plusieurs résolutions sont issues de ce colloque. Mais il est à craindre que l’initiative n’ai engendré aucune portée bénéfique pour la jeune démocratie béninoise raffermie par l’avènement du changement.
Le vendredi 7 Novembre, ont pris fin les travaux du colloque national sur la laïcité au Bénin. C’est sur une note de satisfaction générale pour les participants de ce colloque que le ministère chargé des relations avec les Institutions a clôturé les assises. Ils étaient venus des 12 départements du Bénin les participants issus de toutes les obédiences religieuses et la chefferie traditionnelle pour réfléchir sur les Confessions Religieuses et la laïcité.
Au terme des deux jours de travaux, les participants sont convenus de la nécessité de promouvoir le dialogue extra religieux et intra religieux. Ils ont surtout manifesté leur attachement à l’Etat de droit, au respect des libertés publiques et au respect de la laïcité. Pour le Pasteur Michel Alokpo la laicité ne doit pas être perçue comme une idéologie anticléricale ou antireligieuse mais elle doit être vue comme l’expression de la liberté de vie religieuse.
Le ministre chargé des relations avec les institutions par la voix de son représentant, Honorat Adjovi le directeur de cabinet estime pour sa part qu’il n’y a péril que si les espaces publics sont occupés par les signes ostentatoires d’une religion et si cette religion interfère dans le pouvoir public.
D’autres résolutions non moins importantes sont issues des travaux. Et mieux, un comité de suivi composé de 15 membres a été mis sur pieds pour veiller à l’application desdites résolutions.
Que gagne la jeune démocratie béninoise ?
Vu l’engouement suscité autour de l’initiative prise par le cadre de concertation des Confessions religieuses pour réfléchir sur la laïcité au Bénin, il importe de se demander l’impact positif pour la démocratie béninoise au terme des deux jours de réflexion sur le sujet. Ainsi, de l’organisation de ce colloque national sur ce thème, on devrait espérer que la démocratie béninoise gagne de plus de notoriété pour se réaffirmer.
C’est en réalité l’une des attentes des sceptiques et mécréants politiciens qui voyaient autrement l’initiative. A moins d’être une rencontre entre hommes religieux pour indiquer leur existence dans ce contexte actuel du changement que vit le peuple béninois depuis l’accession du Docteur Thomas Boni Yayi à la Magistrature Suprême du Pays, il faut pouvoir ressortir la portée bénéfique de ce colloque d’envergure nationale. La constitution béninoise en son article 23 a déjà décrété le caractère laïc de la République du Bénin.
Et chaque citoyen si conformait sans outrager la croyance de l’autre. Mieux encore l’avènement de la démocratie au Bénin dès les années 90 a consacré les principes d’une liberté d’expression, de rassemblement et d’action. On en veut pour preuve la prolifération des sectes religieuses qui ont envahi le territoire béninois.
Quand on s’en tient aux diverses résolutions des assises, on voit que les participants n’ont fait que réaffirmer le principe de la laïcité de la République du Bénin. Puisque principalement, ils se sont convenus à manifester leur attachement au respect de l’Etat de droit, à la liberté publique fondée sur la laïcité.
L’autre intérêt de ce colloque est que les religieux ont réussi à faire observer aux hommes politiques que le caractère laïc ne doit pas s’entendre comme une incrédulité, une incroyance. On peut alors se rendre compte que la démocratie béninoise qui n’était pas perturbée n’a été nullement influencée par la réussite de ce colloque. C’est plutôt les religieux qui en sortent raffermis dans leurs croyances respectives.
Chris-Amos Aholou