L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
En moins de trois mois, la cinquième législature a obligé le Chef de l’Etat à recourir à l’article 68 de la Constitution. En effet, les blocages successifs provoqués par les manœuvres politiciennes ont conduit le Président Boni Yayi à prendre deux ordonnances.
Mais à y voir de très près, les grands perdants sont les députés eux-mêmes qui se font prendre à leur propre piège en dévalorisant l’ordonnance autrefois très respectée.
La prise d’ordonnance risque de devenir un fait banal aux yeux des populations et de tout le peuple en ce sens que la manière dont les honorables députés provoquent le recours à cette mesure n’est pas tout à fait intéressante. Pour un oui ou non et compte tenu des querelles politiciennes, on pousse le Chef de l’Etat à cette extrémité.
C’est à croire que c’est un plaisir particulier que ressentent les députés à susciter des situations de blocage aux fins d’amener le Président Boni Yayi à avoir le dos au mur. La banalisation des ordonnances à travers ces actes non fondés peut donc être préjudiciable aux députés eux-mêmes, car toutes les fois où le blocage aboutit à la prise d’ordonnance, le peuple le trouve normal et soutient d’ailleurs le Chef de l’Etat.
Aujourd’hui, la manière dont les choses se passent laisse croire que les députés s’acharnent inutilement contre l’exécutif. Or, l’ordonnance devait intervenir au cas où le blocage est véritablement sérieux. Pour la petite histoire, L’on se rappelle que le recours à cette mesure par le Président Nicéphore Soglo avait suscité à l’époque un effroi général. C’est dire donc que la mesure était entourée d’une certaine sacralité et avait été longtemps considérée comme un mythe respecté et craint.
Malheureusement elle est de plus en plus dévalorisée et sacrifiée sur l’autel des intérêts purement personnels. Que les « G » et autres forces pensent ainsi causer des ennuis au Président Boni Yayi cela n’est que peine perdue car ces différentes forces se désarment et fragilisent de ce fait le Parlement.
De toute évidence, ils évoluent droit dans le décor et conduisent également le pays dans le gouffre. Et face à cette éventualité, ils devront changer de stratégie. Autrement, cette législature aura été l’une des plus nuisibles au développement du Bénin.
Cécil Ahouélété ADJEVI