L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Pressé par le temps, le Président Boni Yayi a tenu dans la soirée d’hier, une séance de travail avec les membres de la société civile. La réunion s’est déroulée dans la salle du peuple au Palais de la présidence de la République.
Les échanges ont porté sur la problématique du collectif budgétaire 2008 rejeté par l’Assemblée nationale. A l’issue de la rencontre, les participants composés à la fois de sages, de notables, de rois, de représentants d’Ong et de syndicats, ont demandé à l’unanimité au Président de la République, la prise d’une ordonnance pour parer au plus pressé.
C’était une séance de vérité au Palais de Présidence de la République, hier, entre le Chef de l’Etat et les membres de la société civile. Elles sont nombreuses, têtes couronnées et autres composantes de la société civile à répondre présentes à l’appel du Président Boni Yayi au sujet de la problématique du collectif budgétaire rejeté par les honorables députés dits des G13, G4 et Force clé.
A l’entame de la rencontre, les invités ont d’abord eu droit à des exposés, tour à tour exécutés par le ministre d’Etat chargé du Développement et de la Prospection, Pascal Koupaki et celui de l’Economie et des Fiances Soulé Mana Lawani. Point par point, les deux ministres ont clairement affiché par des exemples à l’appui le souci majeur du Président Boni Yayi sur le bien fondé du collectif budgétaire qui s’établit à 141 milliards de francs Cfa.
Les nombreuses dépenses déjà effectuées et qui restent à être effectuées pour répondre aux besoins du peuple béninois tant au niveau des travailleurs que celui des investissements sont exposées. A ce titre, dira le ministre Pascal Irené Koupaki, « Les ressources complémentaires demandées ne sont pas des dépenses fantaisistes, elles sont des dépenses dont le pays a besoin ».
Touchées dans leur propre amour par les brillantes déclarations des ministres d’Etat et des Finances, les têtes couronnées ont exhorté le Chef de l’Etat à renouer le dialogue avec les députés. Mais la prise de parole du Président Boni Yayi dont le discours rappelle la vision de son gouvernement à hisser le Bénin d’ici peu dans le concert des nations émergentes, la nécessité pour les institutions de la République d’être les leviers de développement, la nécessité de son équipe de se conformer aux exigences de développement du Bénin… ont tôt fait d’emmener les participants à voir juste le nœud de toutes les discordes.
Ainsi donc, tous ont unanimement encouragé le Président Boni Yayi à prendre ses responsabilités constitutionnelles, compte tenu de l’impossibilité d’une seconde lecture du budget collectif rejeté avant la fin de l’année pour ne pas tomber dans l’illégalité constitutionnelle.
Message que le Chef de l’Etat dit avoir reçu 5/5. L’ordonnance étant alors la seule possibilité restante, le premier magistrat de la République a décidé de prendre ses responsabilités malgré sa bonne foi à poursuivre les négociations avec les forces politiques.
La décision est donc claire et le Chef de l’Etat ne compte plus se faire l’otage des honorables députés dont il a compris les manœuvres. Ainsi, à la suite de cette rencontre, on devra comprendre que dans les tout prochains jours, le Président Boni va recourir à une ordonnance pour légaliser les dépenses les dépenses et autres actes financiers qui entrent dans le cadre du collectif budgétaire.
Emile Agbo