L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les zones frontalières héritées de la colonisation, se révèlent être des sources de problèmes. Mais, depuis la perte d’une partie de l’île de Lété, les autorités béninoises ont mis en place une nouvelle vision en créant la Commission nationale de délimitation des frontières dont le secrétaire permanent est Marcel Ayité Baglo.
Par : Matini MARCOS
La gestion des zones frontalières est un problème épineux pour tous les pays africains, du fait de la délimitation fantaisiste réalisée par les colonisateurs. Le Bénin, depuis qu’il a accédé à l’indépendance, le 1er août 1960, est confronté à un déficit de capacité organisationnelle et technique de sécurisation de ses frontières. Il a fallu la douloureuse perte l’île de Lété en faveur du Niger pour que les autorités gouvernementales sortent de leur léthargie. Actuellement, il est créé une Commission nationale de délimitation des frontières pour aplanir les difficultés créées par le colonisateur et valoriser les zones frontalières, Selon le Secrétaire permanent de la Commission Marcel Ayité Baglo, conformément aux orientations contenues dans la stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté(Scrp), la nouvelle vision du gouvernement est de faire de nos frontières des espaces de développement durable et de bon voisinage avec les pays limitrophes. Des espaces où l’on privilégie l’amélioration de l’offre des services aux citoyens. Faire également de ces zones frontalières, des espaces d’intercommunalité, c’est à dire qu’il faut dorénavant une coopération entre deux communes de deux espaces qui ont les mêmes enjeux. Toujours à propos de la nouvelle vision mise en place, il sera institué une coopération transfrontalière entre les administrations locales, les chefferies traditionnelles et les groupements des jeunes. Ce dernier volet va se traduire par le partage des infrastructures et le développement de celle-ci. A titre d’exemple, il sera construit une école où seront admis les enfants originaires des différentes administrations locales transfrontalières. A cela, le gouvernement a octroyé une subvention aux communes frontalières pour les infrastructures en appui. Les efforts seront concentrés sur l’île en face de Gaya et sur celle en face deTandi Kwara Barou, à travers les infrastructures de développement, et ceci sur financement du budget national. Faut-il le rappeler, la riveraineté de ces frontières concerne 10 sur les 12 départements que compte le Bénin. Sur les 77 communes, 34 disposent d’une frontière terrestre ou fluviale avec l’un au moins des pays limitrophes. Mis à part le Niger, le Bénin continue de traîner des litiges avec les autres pays limitrophes. Ainsi, il urge que le Bénin mette à exécution sa nouvelle politique en matière de gestion de ses frontières afin d’aplanir les divergences avec ses voisins.
La question de la sécurité
Mis à part les questions litigieuses qui peuvent entraîner des conflits entre voisins, le Bénin doit faire face à l’insécurité et au crime transfrontalier. Les zones frontalières accueillent les réfugiés, il s’y développe les trafics de toutes sortes et l’insécurité. La mise en place de cette nouvelle politique permettra une intégration harmonieuse entre les populations des zones frontalières. De plus, elle est élargie sur le plan de la sécurité. On aura droit au renforcement de la sécurité transfrontalière par des unités mixtes des deux pays voisins, Ce qui permet un meilleur contrôle de nos frontières. En somme, une bonne gestion des espaces frontaliers doit intégrer les enjeux de développement durable et d’intégration régionale des peuples.
Photo : Le secrétaire permanent de la CNDF, Marcel Ayité Baglo