L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La société industrielle de textile (Sitex) retrouve peu à peu ses lettres de noblesse après plusieurs années caractérisées par une mauvaise gestion qui a conduit à une faillite.
La résurrection de cette entreprise devient une réalité grâce aux nouvelles mesures prises par le gouvernement du Docteur Boni Yayi. Des mesures mises en application de façon progressive portent des fruits en quelques mois d’expérience. Elles vont, à coup sûr, renforcer le tissu industriel et donc l’économie béninoise. Et déjà, renaît à la Sitex avec des travailleurs qui retrouvent le sourire.
Les signaux étaient au rouge, la situation financière et sociale à la Sitex était bien morose. L’entreprise était fortement tributaire des pertes antérieures, de l’invasion, dans un passé récent, du marché par les cotonnades sud-asiatiques et américaines et des contre-performances enregistrées. La société présentait une faillite complète avec licenciement collectif du personnel. Au 1er septembre 2007, la Sitex restait devoir à la Sbee, à la Sonapra, au service des impôts et aux employés car elle devait verser les droits de licenciement et les dettes sociales à la Cnss.
Tous ces problèmes financiers, plaçaient la société dans un état d’endettement de 4 843 307 035 Fcfa pour 765 448 972 Fcfa de créances pour la plupart douteuses. A tout cela, il faut ajouter la vétusté des équipements de production puisque pendant plus de 17 années d’exploitation, aucune politique judicieuse de maintenance et de renouvellement du potentiel économique n’a été mise en œuvre.
Compte tenu de la mauvaise gestion, les banques et autres institutions financières refusent les accompagnements et une quelconque assistance à travers des crédits. L’entreprise, avec son statut de capitaux publics et la faiblesse prolongée de ses performances, a provoqué une grande réticence dans le rang des investisseurs. Cette situation a amené le gouvernement actuel à prendre des mesures hardies.
Des mesures salvatrices
Faire de la Sitex un maillon du système économique du Bénin. Tel a été le crédo du gouvernement du changement. Dès sa prise de fonction, le Président Boni Yayi a mis au cœur de ses préoccupations la relance du secteur de l’industrie. Après avoir passé au scanner les problèmes, des mesures ont été prises pour assurer un bon fonctionnement de la Sitex et la résolution progressive de tous les problèmes auxquels elle est confrontée. Une série de réformes sont en cours et génèrent déjà des résultats encourageants. Et tout porte à croire que les prochaines années d’application rigoureuse des réformes sont susceptibles d’insuffler un dynamisme à l’économie béninoise.
Conformément aux recommandations de la conférence nationale relatives à l’orientation de l’économie vers la libéralisation et à l’option de retrait de l’Etat des activités de production directe, il est prévu une procédure de dénationalisation de la Sitex. Cette dénationalisation étant une solution à long terme, le gouvernement a retenu une procédure de location-gérance avec pour objectif l’ouverture du capital aux investisseurs privés ou encore la cession pure et simple du patrimoine. Avant cela, un plan de relance graduelle des activités a été conçu. La mise en application va susciter un nouveau départ vers des performances optimales.
En sa session des 13, 14 et 15 juin 2006, le conseil d’Administration a décidé de renforcer le tournage à charge des équipements productifs à partir d’une relance progressive des activités de l’entreprise. C’est une mesure qui fait suite à la décision du conseil des ministres des 30 et 31 octobre 2006. Cette décision exige aussi des responsables à divers niveaux la levée des goulots d’étranglement qui paralysent toute initiative heureuse, l’exploitation optimale des potentiels existants, le rétablissement par la Sbee de l’énergie industrielle et la remise en service de deux transformateurs, la dotation de l’entreprise en fonds de roulement, l’extension de la révision des équipements productifs à d’autres machines, notamment la réhabilitation de 88,46% de la filature et de 66,67% du parc de tissage.
Les nouvelles mesures envisagent aussi la maîtrise des charges et le rattachement des rémunérations aux performances individuelles et collectives, le toilettage des états financiers et l’assainissement de la structure financière de la Sitex. Il est aussi question de recapitaliser l’entreprise à partir de la capitalisation des emprunts originels rétrocédés par la caisse autonome d’amortissement. Il faut également réévaluer le patrimoine social sur la base des valeurs liquidatives et actualisées. Pour une privatisation dans les conditions requises, le potentiel technique doit être renforcé par l’installation des équipements textiles d’origine italienne, réformés acquis depuis 1998 pour l’accroissement de la capacité et la mise à la norme européenne d’une partie de la production de fil. Ce qui donnera à la Sitex le statut d’une entreprise compétitive même à l’échelle internationale.
Pour que tous ces objectifs soient atteints, un système de suivi de gestion a été installé. Le suivi repose essentiellement sur l’instauration des inventaires mensuels systématiques au niveau des points de vente, de la trésorerie et de divers magasins.
Déjà des résultats
L’application des mesures contribue déjà à l’amélioration de la gestion et des prestations de la Sitex. Pour l’efficacité et la transparence à la Sitex, un appel à concurrence est désormais fait lors des approvisionnements et les passations de marchés. Tout se fait dans les règles de l’art. Les employés licenciés bénéficient progressivement de leurs primes et tout semble mieux aller au sein de l’entreprise.
La Sbee a renforcé le potentiel énergétique de la société et la maintenance des machines est désormais assurée. L’entreprise dispose d’un fonds de roulement. Peu à peu, la Sitex installe ses équipements et renforce ainsi sa capacité de production pour être compétitive sur le marché international. Comme quoi les efforts du gouvernement et l’application des mesures portent des fruits en moins de deux ans de gestion.
Depuis lundi dernier, 446 millions supplémentaires ont été débloqués par le gouvernement qui a décidé d’apurer ses dettes. Ce geste vient appuyer le premier geste qui a permis de satisfaire une partie des travailleurs licenciés. Cette nouvelle disposition vient non seulement doper le moral des 280 employés rappelés sur les 600 mais aussi de ceux qui attendent encore. En effet, Ils entrent en possession de leur fonds par un mode de paiement par chèque depuis le lundi.
Il faut signaler que la relance de cette société d’Etat autrefois agonisante est l’œuvre du ministre Grégoire Akofodji qui n’a ménagé aucun effort pour suivre les instructions du Chef de l’Etat. A la séance du vendredi dernier avec les travailleurs, il a confirmé la volonté du gouvernement à relever cette unité industrielle. Mais il a exigé que les travailleurs se mettent à l’œuvre pour jouer leur partition. « Notre moral n’a pas changé et nous et nous promettons de nous battre pour le bonheur de la société », a affirmé le représentant des travailleurs.
Le ministre Grégoire Akofodji a estimé pour sa part qu’on ne saurait produire de le recherche en étant tout le temps en grève. Il demande ainsi aux travailleurs de mesurer la portée de leur responsabilité dans le redressement de la société. Comme quoi, toutes les démarches vont bon train pour que la sitex retrouve ses lettres de noblesse.
Cécil Ahouélété ADJEVI