L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
« Le Changement est un défi individuel et organisationnel que nous devons relever ensemble »
Alors qu’il nous avait habitué à être très présent sur de nombreux media pour mobiliser les Béninois autour du Changement, le Conseiller Edgard GUIDIBI s’est ensuite fait beaucoup plus rare, préférant à l’en croire prendre du recul pour mieux sauter et surtout recadrer les actions de sa cellule ; pour les mettre davantage aux service des véritables transformations individuelles et organisationnelles sans lesquelles il croit que le changement sera vain.
Changeant de stratégie et de canaux de communication, il s’est donc fait plus rare sur les media pour mieux se concentrer sur un travail plus technique d’appui conseil et d’accompagnement des Béninois porteurs de projets intéressants pour le changement. Il n’en demeure pas moins l’un des maillons clés du processus de changement en cours au Bénin, à travers les nombreuses actions que sa cellule continue un peu plus discrètement, mais non moins efficacement, de mener au profit des Béninois qui ont choisi d’accompagner le changement pour un Bénin véritablement émergent.
Le retour en force du Conseiller Edgard GUIDIBI à ses passions (c’est comme cela qu’il les appelle lui-même) que sont la formation, le conseil et les études en mangement, marketing et développement personnel, pour lesquelles il anime à nouveau de nombreuses émissions, formations et conférences de vulgarisation, ayant aussi surpris plusieurs de nos compatriotes, nous lui avons tendu notre micro dans un exercice qu’il a accepté de faire à cœur ouvert.
Présentez-vous à nos lecteurs et à tous ceux qui liront cette interview que vous avez bien voulu nous accorder.
Je suis Edgard GUIDIBI, Consultant Formateur et Expert Conseil dans les domaines du management, du marketing, de la communication et du développement personnel. Je suis un passionné de toutes ces questions sur lesquelles je travaille depuis quelques années, comme vous le savez bien. Je crois tout cela indispensable au développement et à l’émergence de notre pays.
A travers le cabinet Afrique Conseil qui est la cabinet de mes parents, et Global Service Plus, qui est mon cabinet personnel depuis presque cinq ans, j’exerce donc toutes ces passions qui sont aussi mon métier à travers les missions que je réalise dans les domaines du conseil, de la formation et des études au Bénin, comme ailleurs sur le continent africain ou dans le monde.
Je suis aussi depuis 2006, le Conseiller Technique du Président Boni YAYI, en charge de la promotion et de la gestion du changement. Et comme vous pouvez déjà le deviner, la promotion et la gestion du changement, ne sont rien d’autre que le marketing et le management du changement ; choses pour lesquelles le Chef de l’Etat a bien voulu me faire l’honneur de me faire confiance. Voilà un peu qui je suis à quelques mois de mes trente ans.
« Tant que vous êtes vivant, tant que vous n’êtes pas mort, le changement sera votre lot quotidien »
Puisque vous êtes le responsable du changement à la Présidence de la République, qu’est-ce que le changement selon vous ?
* Le changement, c’est quelque chose de très important. Vous savez, tant que vous êtes vivant, tant que vous n’êtes pas mort, le changement sera toujours votre lot quotidien. Tous les jours, nous changeons. Vous n’êtes pas aujourd’hui, ce que vous étiez hier.
Vous avez grandi, vos cheveux ont poussé, vos ongles ont poussé, beaucoup de vos cellules sont mortes, d’autres les ont remplacé, bref, nous ne sommes jamais le même d’une minute à l’autre. A chaque expérience, chaque fois que nous découvrons quelque chose de nouveau, à chaque difficulté, à chaque mésaventure, à chaque succès ou défaite, nous changeons. C’est pareil pour les organisations, tout change !
Mais le changement dont il s’agit quand on parle de notre pays et de son développement, c’est la transformation des Hommes que nous sommes, de nos comportements, de nos organisations et de tout ce qui va permettre à notre pays d’être meilleur pour chacun de nous et sa postérité.
Le vrai changement doit donc nous rendre meilleur afin que nous fassions de notre pays, un pays plus prospère dans le but de mieux correspondre aux attentes des Béninois. Ce changement doit être positif et rapide pour que chaque Béninois puisse manger à sa faim, pour que chacun puisse avoir le minimum de richesse pour s’épanouir, et pour que notre pays soit un paradis pour ceux qui y vivent avec un minimum social commun garanti.
Notre pays ne peut pas être meilleur si nos infrastructures ne sont pas meilleures, si nos investissements ne sont pas meilleurs, si notre agriculture n’est pas meilleure et si notre administration n’est pas meilleure. Le changement est donc ce processus à travers lequel, ensemble, nous lançons le défi de nous transformer et de transformer nos organisations pour pouvoir transformer notre pays, afin d’en faire un pays meilleur.
« Les grands rêves sont parfois galvaudés par ceux qui ne les comprennent pas. »
Est-ce vraiment à ce changement là que nous assistons aujourd’hui ? N’y a-t-il pas actuellement une certaine tendance à galvauder l’idéal que devrait être le changement ?
* Vous avez parfaitement raison, lorsque vous parlez d’idéal galvaudé. C’est un peu comme tous les grands concepts et comme bien des grands idéaux. Quand on parle de développement durable, de croissance, de programme d’ajustement structurel et de beaucoup d’autres choses du même genre que le changement, il est habituel que les choses soient de bonne foi parfois galvaudées par ceux qui ne les comprennent pas bien. Seulement, il faut faire la part des choses.
On ne peut s’accrocher à quelques déviances ou difficultés pour dire : « Je ne veux plus y croire, ça ne marchera jamais et je ne sais quoi d’autre ! ». Le changement est quelque chose auquel nous ne pouvons pas échapper, un processus qui doit nous permettre de faire mieux, plus vite et plus beau… de faire en sorte que notre pays soit meilleur.
C’est un travail qui suppose des édifications, de la construction et du concret. Ce sont des choses objectives qui ne devraient en aucun cas, être galvaudées, même si pour différentes raisons, certains se retrouvent à chanter le changement sans savoir ce dont ils parlent. Cela peut arriver et ne devrait pas nous décourager de poursuivre notre chemin vers le vrai changement.
« L’obligation de résultat est désormais une preuve tangible du changement. »
Quel est, selon vous du moins, le bilan du changement au Bénin depuis 2006 ?
* C’est un bilan assez difficile à faire parce que, comme tout processus, il a démarré, il est en cours, il y a certaines activités qui ont déjà abouti, d’autres sont en cours, et ne montreront leurs fruits que dans quelques années, comme chaque fois que vous mettez un arbre en terre, il faut parfois attendre des décennies pour en voir les fruits. Mais je crois qu’il est évident que le changement, amorcé depuis avril 2006, n’a pas été vain…je suis même tenté de dire qu’il a déjà produit des fruits que de nombreux Béninois ont déjà goûtés, en dépit de leurs autres difficultés quotidiennes, inhérentes à la crise économique mondiale.
Nous avons également un gouvernement qui a accordé un grand prix au social, en faisant des pieds et des mains, parfois dans des situations très pénibles, pour essayer de garantir à chaque citoyen le minimum de bien-être auquel il a droit. Nous avons ainsi vu un gouvernement capable d’anticiper. La crise économique en est un bel exemple où, alors que personne ne le voyait venir, le gouvernement a très tôt, pris les taureaux par les cornes.
C’est aussi un gouvernement qui a investi dans l’économie, en créant de mieux en mieux les conditions permettant à nos organisations et entreprises privées de se développer. C’est le gouvernement qui a su mobiliser le record d’investissement jamais obtenu dans ce pays, une cimenterie de plus de 130 milliards, des raffineries en cours, bref, beaucoup de gros investissements lourds. Il y a aussi des infrastructures modernes, un pays complètement en chantier, des routes par-ci et des échangeurs par là. Les prouesses immobilières de la CEN-SAD, en un temps record, en sont aussi une illustration. Il y a aussi la gratuité de l’école primaire, imitée par de nombreux pays, la revalorisation de la fonction enseignante, qui est déjà chose réelle, avec plus de 25% d’augmentation salariale.
On peut continuer ainsi, mais ce n’est évidemment pas le lieu de faire un catalogue exhaustif ; mais je crois que ce gouvernement a déjà fait beaucoup pour le social, la culture, bref le développement tout simplement. Tout ce qui a été fait ne peut donner des résultats aujourd’hui. Tout ne peut pas être visible aujourd’hui, mais je crois que tout est perfectible. Le Bénin est en bonne voie et nous avons le devoir de continuer sur cette lancée.
« Nous ne faisons pas de ‘’sur place’’… Je reste très optimiste… » Que pensez-vous de la situation politique actuelle de notre pays ? Je pense que la situation politique actuelle de notre pays est ce qu’elle est, et il faut en prendre acte. Il ne faut pas non plus se surprendre de tout cela.
* Quand un pays décide de remettre en cause de veilles habitudes liées à de grands intérêts, ce que vous observez aujourd’hui dans notre pays est prévisible et il faut le gérer. C’est ce que le Président Boni YAYI essaie de faire pour se donner les moyens de satisfaire les citoyens, d’investir dans leur sécurité, dans leur santé et dans leur éducation. Si pour développer votre pays, vous voulez faire des choses qui empêchent des gens de jouir de certains intérêts, il est normal qu’ils manifestent leur mécontentement et qu’il y ait de la résistance.
Le plus important est que tout se passe dans l’ordre, la discipline et le respect des textes constitutionnels, et que les intérêts de ce pays soit toujours préservés. Lorsque l’on regarde de manière panoramique tout ce qui se passe dans le pays, il est aisé de constater que nous ne faisons pas de « sur place ». Quoiqu’il advienne, moi je reste très optimiste quant à l’avenir de notre pays.
Pour en revenir à vous, pouvez-vous nous aider aussi à mieux connaître les missions de la Cellule de Promotion et de Gestion du Changement que vous dirigez ?
* La Cellule de Promotion et de Gestion du Changement est l’un des bras techniques de la présidence en matière de changement. La Cellule a deux missions essentielles qui sont la promotion du changement d’une part, et la gestion du changement d’autre part. Comme je vous l’ai dit plus haut, cela correspond globalement au management et au marketing du changement.
Lorsque l’on parle de management, il s’agit d’une cogitation d’hommes en actions. C’est la réflexion de gens qui ne réfléchissent pas pendant dix ans pour ne jamais agir. Ce sont des gens qui agissent de manière pragmatique, tout en réfléchissant. Qu’il vous souvienne que dans son discours d’investiture, le Chef de l’Etat a annoncé avoir choisi une démarche pragmatique tout en promettant d’écouter les citoyens. Le Président a donc fait montre d’un dynamisme auquel on était si peu habitué, que d’autres ont tôt fait d’assimiler ses actions à de la précipitation.
La Cellule de Promotion et de la Gestion du Changement a pour rôle d’aider le Chef de l’Etat à organiser et à mettre en œuvre les différentes actions qui vont contribuer au changement qualitatif tant attendu par nos compatriotes. On dit d’ailleurs que le management, c’est le fait de se donner le temps de penser à ce qu’on va faire, de faire ce qu’on a pensé, et de repenser à ce qu’on a fait. Et c’est justement ce que le Chef de l’Etat fait au quotidien.
Nous devons aussi réaliser que le prix à payer pour le vrai changement n’est pas trop cher par rapport à ce qu’il peut nous apporter. Notre pays ne peut changer si chacun de nous ne change pas. Le pays n’est pas une coquille vide… Le Bénin est composé de Béninois et d’organisations béninoises.
Qu’elles soient associations, entreprises, partis, ONG, associations, civiles, le Bénin ne changera que si la majorité de ceux qui le composent changent et deviennent meilleurs. Parlant de la sécurité par exemple, l’armée ne peut assurer notre sécurité que si les militaires acceptent de travailler avec discipline et abnégation. Le changement doit donc devenir concret. C’est donc pour y contribuer modestement que la Cellule de Promotion et de Gestion du Changement a été créée.
« La cellule appuie quotidiennement beaucoup de citoyens, des organisations publiques ou privées et des ONG qui ont besoin de soutien pour réussir à changer quelque chose »
A ce jour, quel est le bilan de cette cellule qui n’existait pas avant le Président Boni YAYI et que certains de nos compatriotes, jugent inutiles et budgétivores ?
* La cellule est un changement en elle-même, et il est normal que certaines personnes en déduisent qu’elle est inutile. Il faut les comprendre, cela témoigne de ce qu’elles ne sont pas au parfum des enjeux, missions et activités quotidiennes de cette cellule.
La cellule a plusieurs rôles, l’un étant celui d’appui conseil au Chef de l’Etat, mais aussi à toutes les structures publiques, et même privées, qui ont des ambitions ou des projets en cours de changement. La Cellule reçoit aussi au quotidien, des Béninois, des entreprises béninoises et des organismes publics qui ont des difficultés à mettre en œuvre des changements qualitatifs ou leurs autres activités, et qui nous sollicitent pour les aider à réussir. La Cellule travaille donc autant de façon discrète, qu’elle agit parfois au devant des media pour communiquer sur certains sujets.
La cellule du changement est aussi un endroit où l’on mobilise les Béninois autour de la vision du gouvernement par différentes publications et productions d’outils susceptibles d’aider les uns et les autres à bien jouer leur partition pour le changement. Il n’est donc pas rare que différentes structures publiques s’appuie sur la cellule pour réaliser des choses que nous n’allons naturellement pas crier sur les media. Il en est de même pour le soutien technique et conseil que nous donnons aux promoteurs de certaines initiatives qui vont dans le sens du changement. Même sur les media, vous nous voyez déjà et vous nous verrez de plus en plus comme partenaires d’évènements utiles au changement.
En synthèse, et puisque le changement n’adviendra que s’il est co-construit par un maximum de Béninois et d’organisations béninoises, la cellule travaille tous les jours et souvent dans la discrétion, aux côtés de ceux qui sa battent quotidiennement pour réussir ce qu’ils entreprennent dans notre pays ; c’est tout cela le vrai changement.
« Le Changement est un défi individuel et organisationnel que nous devons relever ensemble » La Cellule produit beaucoup d’argumentaires, d’outils et de concepts permettant à ceux qui en ont besoin, de pouvoir mieux comprendre où le gouvernement va, pourquoi il y va et comment il compte y aller avec leur contribution éventuelle.
A titre d’exemple, nous aidons parfois certaines structures publiques ou de simples citoyens patriotes à trouver des arguments pour prouver la vacuité de certaines critiques mal fondées et de mauvaises foi qui sont faites à l’endroit du gouvernement. Mais cela ne nous empêche pas de réaliser aussi de nombreuses études et investigations pour étudier nos forces et faiblesses dans certains dossiers ou sur certains sujets afin de travailler à l’interne à ce que nous nous améliorons ; toute chose étant naturellement perfectible. Notre rôle n’est donc pas de nous en prendre à tout ce qui nous critiquent ; loin de là.
Il est autant d’étudier ce qu’ils disent pour en tirer l’utile (afin de le prendre en compte) que d’en isoler l’inutile pour y réagir, dans le seul but d’éviter une manipulation pernicieuse des citoyens. A cet effet, nous avons par exemple conduit différents travaux sur le phénomène de l’intoxication dans une démarche constructive, à laquelle mêmes des adversaires attitrés du changement ont été associés. C’est dire que notre travail, même s’il peut gêner des intérêts qui vont essayer de nous tirer dessus, est d’abord un travail technique et très méthodique. La Cellule de promotion du changement a ainsi réalisé plusieurs publications et documentaires, tant pour les télévisions que pour les radios, et rédigé plusieurs articles techniques pour faire la pédagogie du concept et des outils du changement.
Elle est aussi impliquée dans les administrations publiques où elle anime des communications pour apporter un appui technique à tous ceux qui désirent faire du changement concret. La cellule travaille aussi avec beaucoup d’organes de presse nationale et internationale, pour diffuser (mieux et plus vite, à travers des outils électroniques par exemple) des informations plus saines, plus crédibles et plus utiles au progrès de notre pays vers l’émergence.
Notre absence relative sur les media, car notre mission n’est pas non plus d’être tous les jours à la télévision, s’explique donc par le développement, moins visible pour le grand public, de nombreux autres canaux de communication, tout aussi efficaces pour la pédagogie du changement, sans pour autant que notre personne ne soit toujours directement impliquée. En communication, il faut en effet savoir varier et adapter les canaux utilisés au contexte, aux enjeux et avoir un certain timing dans tout ce qu’on fait.
C’est ce que nous essayons de faire au mieux, pour une promotion plus efficace du changement. Nous entendons aussi continuer d’aider la presse et les media à disposer d’outils susceptibles de leur donner accès à des informations plus objectives sur ce qui se passe vraiment dans le pays. Nous n’avons pas suffisamment de temps pour dresser un bilan exhaustif de tout ce qui a été fait, mais nous pouvons également ajouter à ce qui précède, les émissions qu’il nous a été donné de co-produire ou d’appuyer, comme par exemple, l’émission « Priorité succès », qui contribue à l’éducation et l’orientation de la jeunesse.
A travers tout cela, nous espérons contribuer à un recadrage du processus de changement, comme un défi très concret que nous devons ensemble relever, sans le réduire aux considérations trop politiques, qui tendent à nous diviser au lieu de nous unir autour des problèmes pourtant très concrets de notre pays.
« Le Président Boni YAYI n’est pas un magicien qui doit faire des miracles de changement avec une baguette magique ! » Quels sont les ambitions et projets de votre cellule dans les mois et années à venir ?
* Notre première ambition est celle de continuer sur cette lancée et de travailler à ce que le changement ne soit plus galvaudé et ne soit plus réduit à une réalité politique, même s’il s’agit forcément de politique lorsqu’il s’agit du gouvernement.
Nous devons recadrer le changement dans le sens que les béninois comprennent qu’il n’y aura pas de changement simplement parce que le Chef de l’Etat le veut et y travaille de toutes ses forces. Le Président Boni YAYI n’est pas un magicien qui doit faire des miracles de changement avec une baguette magique ! Le Changement se fera si ensemble, nous l’intégrons à notre quotidien, et si nous travaillons à relever ce défi qui n’est pas que celui du gouvernement, mais une ambition commune.
Nous travaillons donc à ce que la cellule devienne, de mieux en mieux, un fournisseur de solutions, d’appuis techniques, et d’outils de développement personnel et de développement organisationnel pour ceux et celles qui veulent faire de vrais changements. C’est seulement ainsi que nous serons utile au Président Boni YAYI qui ne ménage aucun effort pour transformer notre pays.
« Au lieu de se demander ce que le gouvernement a déjà fait changer, il faut que chaque béninois se demande ce qu’il a déjà fait de nouveau pour le Bénin. »
Nous avons remarqué que vous avez repris vos activités professionnelles de formation et de conseil en management, en marketing et en communication. Sachant que vous êtes un expert dans ces différents domaines et à défaut d’explication à cet effet, certains en déduisent que vous renoncez au changement et que vous ne vous intéressez plus à la politique. Est-ce bien le cas et pourquoi ?
* Vous devinez bien qu’il ne peut en être ainsi ! J’ai toujours été de ceux qui croient que notre pays regorge d’énormes potentialités, et que le Bénin a tout ce dont il a besoin pour être un pays prospère. On dit souvent qu’il n’y a de richesse que d’hommes… Il n’y a aussi de pays prospère, que d’organisations performantes. Il n’y aura donc de Bénin émergent, que de béninois meilleurs, et d’organisations béninoises performantes.
Le vrai changement, c’est un travail au quotidien sur chacun de nous. Au lieu de se demander ce que le gouvernement a déjà fait changer, il faut que chaque béninois se demande ce qu’il a déjà fait de nouveau pour le Bénin. Il faut que chaque Chef d’entreprise se demande ce qu’il a permis à son organisation de faire, afin que par sa prospérité, il en résulte une plus-value pour le pays tout entier.
Pour transformer des individus, il n’y a que le développement personnel, et pour transformer les organisations, il n’y a que le management. Le marketing et la communication permettent par ailleurs, d’améliorer les relations entre les différents acteurs impliqués dans tout cela. Comme vous le savez, je suis un passionné de marketing, de management, de communication et de développement personnel.
J’ai appris à le faire, j’aime le faire, et mes expériences m’ont permis de me rendre compte avec bonheur, qu’elles avaient une contribution significative sur ceux qui l’ont expérimenté de façon sérieuse. Quand je fais le bilan du changement, je pense que de grandes choses ont été faites, mais nous aurions de meilleurs résultats si les Béninois prenaient la mesure de la tâche à abattre collectivement et se l’appropriaient individuellement ou au sein de nos organisations. Au lieu de cela, tout le monde semble attendre de voir quel changement le Président Boni YAYI va faire et nous apporter ; comme si le changement pouvait se faire ailleurs qu’en chacun de nous.
La cellule de promotion du changement doit en conséquence intensifier ses efforts pour que chaque Béninois joue mieux sa partition pour de vrais changements. Il était donc naturel que je remette le turbo sur le développement personnel et le management, parce que je suis persuadé qu’ils sont les meilleurs outils dont je dispose pour aider mes compatriotes et nos organisations à changer. Voilà les raisons qui justifient le fait que je me sois réinvesti, avec beaucoup de bonheur je l’avoue, dans ces différentes disciplines professionnelles où je puise quotidiennement des solutions pour aller encore plus loin dans le changement.
« Je sais que tout le monde ne m’aime pas… mais qu’y a-t-il de surprenant à cela ? »
Si vous permettez une dernière question, nous voudrions savoir ce que vous avez envie de répondre à vos détracteurs et à tous ceux qui vous traitent à tort ou à raison de tous les noms, vous accusant d’être inutile voire nuisible au changement que vous défendez ?
* Je sais effectivement que tout le monde ne m’aime pas, mais qu’y a-t-il de si surprenant à cela ? Dans la vie, tous ceux qui ne sont pas des mendiants, tous ceux qui ont un minimum d’ambition et tous ceux qui veulent faire quelque chose pour réussir, ont toujours contre eux, ceux qui ne font rien, ceux qui font le contraire de ce qu’ils veulent faire, et malheureusement aussi, ceux qui auraient aimé être à leur place. La vie est ainsi faite, nous n’y pouvons rien. Jésus a été adulé le jour du ‘’Christ Roi’’ pour être ensuite crucifié.
La nature humaine est ainsi faite ; il faut s’y faire. Il peut arriver qu’un jour, les gens soient contents de vous et, que quelques jours plus tard, ces mêmes personnes deviennent vos bourreaux. On ne peut avoir ce genre d’applaudimètre comme repère quand on doit contribuer au changement, c’est-à-dire au bouleversement des ordres établis. Il faut agir au mieux de sa conscience et avoir ensuite le dos large pour prendre des coups et en donner quand cela devient nécessaire. Même Dieu, lorsque nous sommes en difficulté, il nous arrive de le blasphémer et de lui en vouloir, ce qui est pourtant ridicule. Quand il en est ainsi, le modeste homme que je suis, le jeune que je suis et qui naturellement, reste perfectible, ne peut vouloir en être épargné.
Il est normal que des personnes soient d’accord avec moi et que d’autres aient une position contraire. Il faut savoir en tirer leçon des critiques constructives et intégrer toutes les critiques (y compris celles qui sont de mauvaise foi) dans un processus de développement personnel parce que, comme on dit chez nous, ‘’On ne finit pas d’apprendre, même si on finit de grandir’’. A mon âge, il me reste énormément de choses à apprendre. Si les critiques sont constructives, j’en tirerai toujours de précieuses leçons. Mais par contre, si des gens font des critiques en espérant me déconcentrer ou m’intimider, s’ils font des critiques dans l’espoir que je capitule, ils sont vraiment loin du compte. J’ai la carapace assez dure, et ce sera comme de l’eau versée sur le dos d’un canard. Ils doivent aussi savoir que l’enfant qui veut empêcher sa mère de dormir, devra lui aussi veiller pour espérer y parvenir.
Quand vous mettez les pieds en politique, vous ne pouvez pas vous plaindre d’avoir été critiqué. Cela fait partie du jeu. Mais le plus important est que tous les enfants du Bénin s’aiment et se donnent la main pour que le pays avance. Quoique l’on fasse pour m’en décourager, j’ai donc bien l’intention d’aller jusqu’au bout, tant et aussi longtemps que j’aurais du souffle et mon savoir-faire pour contribuer aux transformations qualitatives de notre pays, qui fait déjà des envieux légitimes ailleurs.
Avant la politique, je le faisais et je le continuerai toute ma vie car même mon métier est d’abord un sacerdoce pour changer les gens et leurs organisations. Le Changement est une voie obligatoire pour nous, il vaut mieux y contribuer que de devoir le subir : c’est du moins ce que je crois.
Avez-vous un mot de fin pour nos lecteurs ?
* Je vous remercie de m’avoir tendu votre micro, pour mettre à la disposition des lecteurs, mon opinion sur l’ensemble des sujets que nous venons d’aborder. J’aimerais aussi et surtout remercier nos compatriotes pour avoir compris que cela pouvait changer, et que cela devait effectivement changer. Je les remercie d’avoir donné à notre pays, par l’élection du Président Boni YAYI, les moyens de s’engager dans cette voie, indispensable pour son émergence. Je les remercie aussi de leur patience, parce que pour que cela change, il faut accompagner celui qui doit changer les choses et être patient avec lui.
Je les remercie aussi de leur implication que je voudrais quotidienne, concrète, individuelle et organisationnelle. Si chacun de nous ne s’implique pas, non seulement dans les actions initiées par le Président, mais aussi dans la transformation de l’organisation ou de l’entreprise dans laquelle il travaille, nous ne pourrons pas aller loin. Nous ne pouvons pas nous lever chaque matin et demander au Président Boni YAYI ce qui a changé.
Nous devons nous rendre compte que notre pays ne peut nous donner que ce que nous avons accepté de lui donner. Notre pays n’a rien à offrir, si ce n’est ce que chaque Béninois lui offre. Je remercierai aussi tous ceux qui, dans le secteur public comme dans le secteur privé, ne cessent de jouer leurs partitions pour un Bénin vraiment émergent. Merci aussi, pour finir, à tous ceux qui prendront maintenant le pari de rentrer dans cette dynamique de développement personnel et organisationnel, seul gage de succès, pour notre pays.
Propos recueillis par L’Option Infos
Après sa réélection à la tête de la commune d’Avrankou : Le maire Georges Nounangnon prend service ce jour
Le tout nouveau et ancien maire d’Avrankou, une commune située dans le département de l’Ouémé, sera investi dans ses nouvelles fonctions ce jour, mardi 14 octobre 2008.
Georges Nounangnon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, sera donc installé dans son fauteuil de maire de cette localité, et ce pour les cinq années à venir. Il faut rappeler que c’est grâce à l’intervention de la Cour Suprême que la commune d’Avrankou a pu installer son Conseil communal. C’était le lundi 29 septembre dernier.
La cérémonie était placée sous haute surveillance militaire, parce que certains militants du Prd auraient tenté de troubler l’ordre public. Le préfet des départements de l’Ouémé/Plateau, Inès Houéssou Aboh, a su gérer la situation ; ce qui a permis d’installer enfin ce Conseil.
Fortes de ses 10 conseillers communaux sur les 19 du Conseil communal, les Fcbe ont, sans grande surprise, pris le contrôle de la mairie et de tous les sept arrondissements de la commune. Georges Nounangnon, Hubert Hounhozounkou, Louis Hounkanrin ont été élus respectivement maire, 1er adjoint et 2ème adjoint au maire.
Les arrondissements d’Avrankou-centre, Ouanho, Atchoukpa, Kouti, Gbozounmè, Sado et Djomon sont désormais dirigés respectivement par Vincent Koudogbo, Jean Tévoédjrè, Ebè Moucharaf, Moutaïrou Houndonougbo, Michel Kpèlèguè, Léon Mito et Antoine Mitchodjèhoun.
La prise de service du maire Georges Nounangnon ce jour est la preuve que les fils et filles de cette localité ont réussi à fumer le calumet de la paix pour amorcer véritablement le développement d’Avrankou.
Après cette étape, les chefs d’arrondissements seront aussi installés. Et c’est au terme de ce processus que l’équipe communale pourra se mettre résolument au travail.
Léonce HOUNGBADJI
Session extraordinaire du conseil communal d’Allada hier : Les conseillers locaux bientôt installés
Le Conseil communal d’Allada s’est légalement réuni hier, lundi 13 octobre 2008. Plusieurs sujets de grande préoccupation étaient inscrits à l’ordre du jour de cette session extraordinaire.
La majorité des conseillers ont répondu présent à l’appel de leur maire, Lucien Kokou Houngnibo. Au cours de cette session, le Conseil a autorisé l’installation officielle de tous les élus locaux avant la fin de ce mois d’octobre et l’implantation d’une annexe de la Banque Of Africa Bénin dans la commune.
Le Conseil s’est également penché sur la rentrée scolaire 2008-2009. A cet effet, il a décidé d’équiper tous les établissements scolaires publics de la ville en matériels didactiques. Des salles de cours seront aussi construites dans certaines écoles. En divers, le Conseil a débattu de la question du nouveau découpage territorial qui faisait de Ouidah, le chef-lieu du département de l’Atlantique.
Le maire a fait le point de la situation au Conseil qui l’a mandaté de prendre toutes les dispositions idoines afin de faire entendre la position d’Allada sur le sujet partout où besoin sera. Démarré aux environs de 11 heures, le Conseil s’est achevé vers 18 heures 30 minutes, dans une ambiance de sérénité.
Léonce HOUNGBADJI