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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Vie politique nationale : Le bloc G4-G13-Force Clé a peur de s’opposer à Boni Yayi

Hypocrisie et grande irresponsabilité. C’est bien les maux qui sapent la classe politique béninoise. Face à la politique de développement très enviée du Dr Boni Yayi, le bloc G4-G13-Force Clé et consorts peinent à s’afficher publiquement sur l’échiquier politique national.
Le grand retard que ces forces prennent à s’opposer sincèrement aux actions du gouvernement tient plus à la difficulté de se situer, de s’orienter et de se donner une identité dans le clair obscur d’une vie politique dominée de plus en plus par des conflits d’intérêts.
L’Alliance nationale Force Clé était ce week-end en conclave à Cotonou pour définir de nouvelles orientations politiques. Occasion propice pour les principaux responsables de ce parti crédité de 4 députés au Parlement de faire le procès du régime en place, sans pour autant apporter du nouveau dans la situation politique actuelle. Lazare Sèhouéto et les siens, au cours de leurs assises, ont tenu un discours agressif à l’égard du pouvoir.
Certes, ils ont osé dire ce qu’ils pensent de la gestion du pays à l’ère du changement. C’est même bon pour la vitalité de la démocratie béninoise. Mais quand on n’a rien à dire de concret dans un débat public, c’est mieux de garder le silence pour ne pas se faire ridiculiser. L’Alliance Force Clé, forte de ses députés et élus locaux, est un parti respecté. Raison de plus pour qu’elle tourne d’abord sa langue sept fois avant de se mettre sur la place publique. Seuls ceux qui n’agissent pas dans l’intérêt commun ne font pas d’erreurs et seuls ceux qui ont la critique facile bavardent inutilement.
A l’annonce du Conseil national de cette formation politique, les Béninois s’attendaient à des résolutions concrètes, à des solutions alternatives face à la méthode de gestion du Dr Boni Yayi. Ils s’attendaient à ce que Force Clé affiche clairement sa position dans le gotha politique national. Mais vaine attente. Lazare Sèhouéto et son équipe ont déçu plus d’un. Le communiqué final qui a sanctionné ce Conseil n’a rien apporté de neuf aux Béninois qui voulaient que le parti grandisse à l’issue de cette rencontre. Mais les « Clés » en ont décidé autrement en optant pour la politique d’autruche.
C’est un secret de Polichinelle qu’ils sont jaloux de leur autonomie. C’est aussi vrai qu’ils ont en leur sein un présidentiable qui a déjà fait l’amère expérience de mars 2006.
En 2011, c’est une évidence que Sèhouéto sera encore dans la course présidentielle. La question qui se pose alors est de savoir pourquoi il ne peut pas avoir le courage de se démarquer nettement du gouvernement en réclamant son certificat d’aptitude à l’opposition. De quoi a-t-il peur au juste au point de continuer à semer la confusion dans l’esprit des paisibles populations ? Lazare Sèhouéto a été ministre dans ce pays. En tant que jeune leader politique, qu’est-ce qui l’empêche de prendre la tête d’une opposition constructive et modérée et non radicale pour apporter sa pierre à la construction du Bénin émergent ? En vérité, les barrons de l’Alliance Force Clé sont passés à côté de l’essentiel.
D’ailleurs, il ne peut en être autrement lorsqu’on sait qu’ils sont à cours d’arguments pour convaincre les populations, et surtout lorsqu’ils se sont associés à de vieux loups qui entendent tanguer le navire du changement. Heureusement que les Béninois ne sont pas dupes et savent tirer le bon grain de l’ivraie.
Dans un passé récent, soit le 26 octobre 2007, jour mémorable pour le Bénin, c’est le même discours que le Prd de Me Adrien Houngbédji a tenu. Lui au moins a demandé expressément au Chef de l’Etat de prendre le décret d’application de la loi N°2001-36 portant statut de l’opposition, comme si la Rb de Rosine Soglo, qui fait partie intégrante de ses alliés stratégiques, avait attendu ce décret avant de faire 10 ans dans l’opposition. Il y a de cela quelques jours, c’est la même Rb qui est montée au créneau pour critiquer le gouvernement.
Des récriminations qui commencent à fatiguer les Béninois. Vendredi dernier, le G13 a sacrifié aussi à la tradition, même s’il a réaffirmé son appartenance à la mouvance présidentielle. Ce qui heurte dans ce méli-mélo politique, c’est que ces partis se réclament tous de la mouvance. Seul le Prd s’est dissocié du gouvernement, mais n’a pas eu le courage d’aller plus loin.
Dans une démocratie qui se veut émergente, on est avec le pouvoir pour l’aider à réaliser ses ambitions ou on est contre lui. Et à partir de cet instant, on propose des solutions alternatives.

Prioriser les questions de développement
L’animation d’une vie politique ne veut pas dire des sorties hasardeuses avec, à la clé, des déclarations intempestives qui mettent à mal l’unité nationale et la cohésion sociale. Dans un pays qui se respecte comme le nôtre, lorsqu’un parti politique qui ne partage pas la vision du Chef de l’Etat monte au créneau, c’est pour apporter du nouveau dans ce qui existe déjà ou c’est pour dire des vérités tangibles et non pour diaboliser les dirigeants du pays. Sur les questions de développement, qu’est-ce que ces forces proposent ?
L’animation de la vie politique, c’est aussi et surtout se pencher sur des préoccupations majeures de la Nation. Que toutes les conditions d’une opposition légale et républicaine soient réunies ou non, il est difficile aujourd’hui de comprendre le silence coupable de ces partis sur les enjeux de la rentrée scolaire et académique, les enjeux de la décentralisation, la politique des grands travaux du Chef de l’Etat, la cherté de la vie, la révision de la Constitution, la réalisation de la Lépi… Une position claire du G4, G13, Force Clé et autres était vivement attendue. Mais en vain.
Sur la crise du Gsm, le Prd était sorti de ses gongs. Mais, comme le disait un célèbre écrivain béninois, seulement au 53ème et dernier jour de la crise. Les propositions parfois constructives des "G" et consorts, comme de mauvais écoliers, viennent toujours en retard. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit-on.
Toutefois, il est démontré que le bien qui arrive comme un coup d’épée dans l’eau n’a plus son sens. Pour l’heure, et jusqu’à nouvel ordre, c’est le Dr Boni Yayi qui est aux commandes. C’est lui seul que les Béninois ont élu, faut-il le rappeler, à 75%. Face aux problèmes de la Nation, il a donc le dernier mot.
C’est dire que les partis qui ne se retrouvent pas dans son système de gestion doivent avoir le courage d’aller plus loin dans leur démarche en assurant la place qui leur revient naturellement au sein de la classe politique. En mars 2006, les Béninois ont choisi leur « camp ». Il leur revient maintenant de choisir le leur et ce, en toute responsabilité et franchise.
Que cessent donc les plaisanteries et critiques saisonnières pour que place soit faite à de véritables débats d’idées sur des questions de développement, car les populations considèrent leurs larmes de crocodiles comme les premiers pas maladroits et mal assurés d’apprentis opposants.

Léonce HOUNGBADJI

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